80.17 F
Kinshasa
2 novembre, 2026 - 20:51:52
Image default
Flash InfosLa unePolitiqueSociété

Sondage LES POINTS : 76 % des Congolais jugent la ville morte du 3 juin comme un échec

Le verdict de la « majorité silencieuse » est sans appel. Selon une enquête réalisée par le cabinet LES POINTS auprès de 1.000 Congolais dans les chefs-lieux des provinces et plusieurs villes du pays, la journée « ville morte » du 3 juin 2026 n’a pas convaincu l’opinion. Toutes tendances confondues, 76 % des personnes interrogées considèrent cette action initiée par certains leaders de l’opposition comme un échec, tandis que 77 % estiment que la participation a été faible. Au-delà de l’évaluation de cette mobilisation, le sondage révèle une aspiration marquée des citoyens au dialogue, à la stabilité économique et à des solutions concrètes aux préoccupations quotidiennes, plutôt qu’à des actions susceptibles de perturber la vie sociale et économique.

Réalisé du 3 au 4 juin 2026 par le cabinet de sondage LES POINTS, le baromètre consacré à la journée « ville morte » décrétée par une partie de l’opposition met en lumière le poids déterminant des citoyens ne se réclamant d’aucune appartenance politique.

L’enquête, menée auprès de 1.000 personnes âgées de 18 ans et plus à travers les chefs-lieux des provinces ainsi que plusieurs autres villes du pays, montre que 76 % des Congolais se définissent comme sans affiliation politique particulière. Les sympathisants de l’opposition représentent 11 % de l’échantillon, ceux de l’Union sacrée 8 %, tandis que les organisations de la société civile regroupent 5 % des personnes interrogées.

Pour les analystes du cabinet, cette « majorité silencieuse » constitue aujourd’hui l’un des principaux indicateurs de l’état de l’opinion publique congolaise. Plus préoccupés par leurs conditions de vie que par les affrontements politiques, ces citoyens disent évaluer les acteurs publics à l’aune de critères concrets tels que l’emploi, le pouvoir d’achat, la sécurité ou encore la stabilité économique.

Une ville morte largement perçue comme un échec

À la question de savoir si l’appel à la journée « ville morte » du 3 juin a été un succès ou un échec, les réponses diffèrent selon les sensibilités politiques.

Sans surprise, 84 % des sympathisants de l’opposition considèrent cette initiative comme une réussite. À l’inverse, 87 % des sympathisants de la majorité présidentielle y voient un échec. Cette appréciation est également partagée par 60 % des personnes proches de la société civile et par 87 % des citoyens sans appartenance politique.

Au niveau national, toutes catégories confondues, le constat est plus net encore : 76 % des personnes interrogées qualifient l’opération d’échec, contre seulement 19 % qui la jugent réussie. Les 5 % restants ont préféré ne pas se prononcer.

Selon l’étude, la faible mobilisation observée dans plusieurs villes du pays apparaît comme l’élément ayant le plus influencé cette perception.

Une participation jugée faible par les citoyens

Les résultats du sondage indiquent également que la participation à cette journée de paralysie des activités n’a pas atteint les niveaux espérés par ses initiateurs.

Ainsi, 77 % des personnes interrogées estiment que la mobilisation a été faible, contre 19 % qui la jugent élevée.

Les témoignages recueillis par les enquêteurs mettent en évidence des préoccupations essentiellement économiques.

« Nous vivons de nos activités journalières. Une journée sans travailler, c’est une journée sans revenus pour nourrir nos familles », explique un commerçant du marché