Les incidents survenus lors du sit-in organisé le 12 juin à Kinshasa par une partie de l’opposition continuent d’alimenter le débat politique. Face aux accusations faisant état de morts, de blessés et de disparitions à la suite de cette manifestation contre la loi sur le référendum, le gouvernement congolais affirme n’avoir enregistré aucun décès. Lors d’un briefing spécial consacré à la riposte contre Ebola, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a insisté sur la nécessité de s’appuyer sur des éléments vérifiables, tout en rappelant que le ministre de la Justice a sollicité les organisations et acteurs concernés afin de fournir toute information susceptible d’éclairer les circonstances exactes des événements.
Le gouvernement de la République démocratique du Congo a rejeté les allégations faisant état de pertes en vies humaines lors du sit-in organisé le 12 juin dernier à Kinshasa par une partie de l’opposition pour protester contre la loi sur le référendum.
Réagissant à une question d’actualité au cours d’un briefing spécial consacré à la mise à jour de la riposte contre la maladie à virus Ebola, organisé aux côtés du ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Samuel Kamba Mulamba, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, a rappelé la position du gouvernement sur les violences enregistrées en marge de cette manifestation.
Le porte-parole du gouvernement a d’abord souligné que la liberté d’expression et la liberté de manifester demeurent des droits garantis par la Constitution de la République démocratique du Congo, tout en insistant sur la nécessité de préserver le caractère pacifique de toute action publique.
« La liberté d’expression ou la liberté de manifester sont des droits garantis par la Constitution. Dans ce contexte, la violence n’a pas de place et elle est inacceptable en démocratie d’où qu’elle vienne », a déclaré Patrick Muyaya.
Au cœur de sa réaction figurait la question des bilans avancés par certains acteurs politiques et organisations qui affirment que des personnes auraient perdu la vie lors des incidents survenus pendant la manifestation.
Le ministre a indiqué que les informations recueillies auprès des services compétents ne faisaient état d’aucun décès.
« Nos services policiers et hospitaliers n’ont enregistré aucun mort. On l’aurait dit ! », a affirmé le porte-parole du gouvernement.
Pour le gouvernement, toute affirmation concernant un bilan humain doit être étayée par des éléments concrets et vérifiables.
Le ministre de la Justice sollicite des éléments de preuve
Patrick Muyaya a également indiqué que le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux avait entrepris des démarches auprès des responsables politiques concernés afin d’établir les faits.
Selon lui, le ministre de la Justice s’est rendu auprès des organisateurs du sit-in afin de recueillir leur version des événements.
« Le ministre de la Justice avait rendu visite le vendredi soir aux responsables des partis politiques impliqués dans l’organisation pour s’enquérir de leur état et avoir leur version des faits », a-t-il expliqué.
Dans la continuité de cette démarche, des correspondances officielles ont été adressées aux personnes et organisations affirmant détenir des informations sur d’éventuelles victimes.
« Le ministre de la Justice leur a adressé des correspondances afin qu’ils mettent à sa disposition toutes les informations en leur possession concernant le nombre de décès, de blessés, de personnes disparues et d’éventuelles interpellations liées aux incidents survenus lors de la manifestation du 12 juin 2026 », a précisé Patrick Muyaya.
Une démarche présentée comme un exercice de transparence
Le gouvernement affirme vouloir privilégier une approche fondée sur la vérification des faits avant toute conclusion officielle.
Selon le porte-parole, les informations réclamées permettront aux autorités compétentes d’apprécier objectivement la situation et, si nécessaire, d’engager des investigations complémentaires.
« Cette démarche vise à permettre aux autorités compétentes de disposer d’éléments factuels vérifiables en vue de prendre les mesures appropriées », a-t-il souligné.
Patrick Muyaya a ajouté que cette initiative s’inscrivait dans une logique de transparence et de respect des procédures judiciaires.
La manifestation du 12 juin avait été organisée par une partie de l’opposition pour dénoncer l’adoption de la loi relative à l’organisation du référendum.
Infos27

