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6 novembre, 2026 - 16:22:32
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66 ans d’indépendance : Bobo B. Kabungu plaide pour une souveraineté scientifique de la RDC

Soixante-six ans après l’accession de la République démocratique du Congo à l’indépendance, le débat sur la souveraineté ne peut plus se limiter aux seuls enjeux politiques et économiques. Dans une note d’analyse publiée à l’occasion du 30 juin 2026, l’économiste et chercheur Bobo B. Kabungu soutient que la capacité du pays à produire ses propres connaissances constitue désormais une condition essentielle de son développement. À travers une réflexion nourrie des théories de la dépendance, de la croissance endogène et des épistémologies africaines, l’auteur appelle à faire de la recherche scientifique, de l’innovation et de la valorisation des savoirs locaux les piliers d’une nouvelle étape de l’indépendance nationale.

La République démocratique du Congo ne pourra prétendre à une souveraineté pleine et entière tant qu’elle demeurera dépendante des connaissances, des technologies et des modèles intellectuels produits à l’extérieur. C’est la thèse centrale développée par le professeur Bobo B. Kabungu dans sa note d’analyse intitulée « Souveraineté scientifique et développement endogène en RDC : sortir de la dépendance épistémique par la production locale des savoirs », publiée à l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du pays.

À travers cette étude, l’auteur replace la science au cœur du débat sur le développement national. Selon lui, les mutations actuelles de l’économie mondiale imposent de dépasser la conception traditionnelle de la souveraineté, longtemps limitée aux dimensions politique, territoriale ou économique.

La mondialisation, explique-t-il, repose désormais sur la maîtrise des technologies stratégiques, des infrastructures scientifiques, des données numériques et des capacités d’innovation. Dans ce contexte, les États qui produisent les connaissances disposent également des principaux leviers de puissance économique.

Pour Bobo B. Kabungu, cette évolution oblige la RDC à s’interroger sur sa capacité à penser elle-même son développement et à élaborer des politiques publiques adaptées à ses réalités.

« La souveraineté scientifique constitue une condition stratégique du développement endogène », soutient-il dans cette note qui mobilise les approches de la théorie de la dépendance, de la croissance endogène, de la justice cognitive et des épistémologies africaines.

Une dépendance qui dépasse l’économie

L’analyse de Bobo B. Kabungu montre que la dépendance des pays africains dépasse désormais les seuls échanges commerciaux et financiers pour s’étendre à la production des connaissances, des technologies et des cadres d’analyse. S’appuyant sur les travaux de Raúl Prebisch, André Gunder Frank, Samir Amin, Valentin-Yves Mudimbe et Paulin Hountondji, l’auteur explique que les économies périphériques continuent d’exporter des matières premières tout en important les technologies, les équipements et les modèles intellectuels qui orientent leur développement. Cette « dépendance épistémique » limite la capacité de la RDC à produire des savoirs adaptés à ses réalités. Elle se manifeste par le sous-financement de la recherche, le recours aux expertises étrangères, la faible valorisation des savoirs locaux, l’extraversion des universités et le manque de liens entre recherche, innovation et transformation économique.

La note critique également l’orientation de la recherche africaine vers les attentes académiques des pays du Nord, au détriment des besoins locaux. Selon Bobo B. Kabungu, cette logique influence les thèmes de recherche, les méthodes et les critères de reconnaissance scientifique, réduisant le rôle des universités dans la transformation économique. Il plaide pour des établissements d’enseignement supérieur davantage tournés vers l’innovation et les politiques publiques.

Enfin, l’aute