L’agriculture congolaise ne doit plus être perçue comme un simple secteur à soutenir, mais comme une véritable industrie capable d’attirer des capitaux, de créer des emplois et de générer de la richesse. Au DRC Investment Forum 2026, à Kinshasa, Gandi Mole, directeur général de Mole Groupe, a défendu cette vision en s’appuyant sur l’expérience de son entreprise dans la filière cacao au Kongo Central et sur le projet de Parc agro-industriel de Mbanza-Ngungu. Pour lui, l’enjeu consiste désormais à transformer le potentiel agricole de la RDC en production, en transformation industrielle et en débouchés commerciaux compétitifs.
Le message de Gandi Mole devant les investisseurs réunis à Kinshasa tient en une idée : la République démocratique du Congo doit changer sa manière de penser l’agriculture. Intervenant au DRC Investment Forum 2026, le dirigeant de Mole Groupe a appelé à dépasser le discours sur l’immense potentiel agricole du pays pour se concentrer sur sa transformation en valeur économique.
« Pendant des années, nous avons parlé de potentiel. Or, le potentiel n’est pas encore une richesse », a-t-il déclaré, avant de préciser que celle-ci apparaît lorsque les ressources sont transformées « en production, en industrie, en emploi et en commercialisation ».
Pour Gandi Mole, cette mutation suppose une approche intégrée des filières agricoles. Son expérience dans le cacao au Kongo Central lui aurait notamment montré que la seule augmentation de la production ne suffit pas. L’accompagnement des producteurs, la fermentation, le séchage, le contrôle de la qualité, la traçabilité, le financement des campagnes agricoles et l’accès aux marchés internationaux doivent, selon lui, être pensés comme les maillons d’une même chaîne de valeur.
Du cacao au projet agro-industriel de Mbanza-Ngungu
Cette expérience constitue, selon le dirigeant, l’un des fondements de la vision portée par Mole Groupe à travers le projet de Parc agro-industriel de Mbanza-Ngungu. Présenté comme un partenariat public-privé avec le gouvernement congolais, ce projet est annoncé à hauteur d’un milliard de dollars et vise, à terme, une production de 700.000 tonnes de produits finis.
L’ambition affichée est de réunir sur un même modèle la production agricole, la transformation industrielle, les infrastructures logistiques et la commercialisation. Une approche destinée à répondre à plusieurs faiblesses structurelles du secteur agricole congolais, notamment l’insuffisance de transformation locale et les difficultés d’accès aux marchés.
Des partenaires techniques et financiers ont récemment manifesté leur intérêt pour accompagner le financement du projet, dont la concrétisation reste liée à la réalisation d’études de faisabilité approfondies.
« Le marché est là »
Face aux interrogations récurrentes sur les risques liés à l’investissement agricole en RDC, Gandi Mole oppose l’existence d’un marché et l’ampleur de la demande. « Vous savez, on me parle beaucoup de risque. Et moi, à ça, je réponds : le marché est là », a-t-il affirmé.
Son plaidoyer s’adresse directement aux investisseurs présents au forum. « On ne doit pas regarder l’agriculture congolaise uniquement comme un secteur à soutenir, mais comme une industrie dans laquelle investir », a-t-il insisté.
À travers son intervention, le dirigeant de Mole Groupe a ainsi replacé la transformation locale, la structuration des chaînes de valeur et l’accès aux marchés internationaux au centre du débat sur le financement de l’agriculture congolaise.
« Je pense que le Congo peut devenir un leader mondial, en tout cas de l’Afrique, dans le secteur agricole », a-t-il soutenu, estimant que la RDC dispose déjà des principaux atouts et que l’urgence consiste désormais à les convertir en activités productives et compétitives.
Pour Gandi Mole, « le potentiel est là ». Reste à le transformer en richesse.
Infos27

