Le dialogue national annoncé par Félix-Antoine Tshisekedi pourrait servir de cadre à une refonte de l’architecture de l’État. Dans sa déclaration politique rendue publique mardi 1er septembre 2026, la Bisoïté Nationale pour un Congo Fort et Prospère (BNCFP) soutient l’initiative présidentielle tout en avançant des propositions institutionnelles majeures. La formation préconise la suppression du Sénat, des assemblées provinciales, des gouvernements provinciaux et du poste de Premier ministre, auquel elle souhaite substituer une vice-présidence chargée des questions économiques, sociales et de développement. Lue par Bobo Ngonda Lingolo Bionic, vice-président chargé de la gestion et des questions politiques, faisant fonction de président ad intérim, la déclaration appelle aussi à une réforme de l’administration territoriale et de l’armée. Le parti veut que le dialogue associe communautés de base, jeunes et femmes afin d’en faire « un acte fondateur » fondé sur « la vérité, la responsabilité et la refondation ».
La BNCFP salue l’annonce faite le 27 août par le Chef de l’État concernant la tenue du dialogue national. Elle estime que Félix-Antoine Tshisekedi a fait « le choix de la Patrie contre les partis » et lui apporte un « soutien total, indéfectible, loyal et républicain ».
Pour cette formation, la concertation ne devrait pas se limiter aux arrangements entre acteurs politiques, mais permettre d’examiner le fonctionnement des institutions et de proposer des changements destinés à renforcer l’efficacité de l’État.
Le Sénat et les assemblées provinciales visés
Au premier rang des réformes figure la suppression du Sénat, qualifié d’institution « budgétivore ». La BNCFP estime que les ressources consacrées à son fonctionnement pourraient être affectées à la défense, à l’éducation et au social.
Le parti propose aussi de supprimer les assemblées provinciales, jugées inefficaces dans l’accompagnement du développement local et devenues, selon son analyse, des espaces de clientélisme et de blocage institutionnel. Cette mesure s’inscrit dans une volonté de revoir le fonctionnement de l’administration provinciale.
Une vice-présidence à la place de la primature
La réforme la plus structurante concerne l’exécutif national. La BNCFP veut supprimer le poste de Premier ministre et créer une vice-présidence de la République. Nommé par le Chef de l’État, le vice-président serait chargé du pilotage des politiques économiques, sociales et de développement.
Cette organisation viserait à mettre fin au « bicéphalisme conflictuel » au sommet de l’État. Le Président conserverait les missions régaliennes, notamment la défense, la sécurité et la diplomatie, tandis que le vice-président piloterait les secteurs liés au développement.


