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Kinshasa
1 septembre, 2026 - 22:12:33
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Tshisekedi et Netanyahou renforcent l’axe stratégique RDC-Israël

Le président Félix Tshisekedi a placé mardi le partenariat RDC-Israël au cœur d’une intense offensive diplomatique à Jérusalem, où il s’est entretenu successivement avec le Premier ministre Benjamin Netanyahou et le président Isaac Herzog, pendant que la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, échangeait avec son homologue Gideon Sa’ar. Sécurité et défense, agriculture et sécurité alimentaire, eau, santé, infrastructures, énergie, technologies, formation et investissements : Kinshasa et Tel-Aviv ont passé en revue les secteurs appelés à porter leur rapprochement vers une nouvelle dimension. De Yad Vashem, où le chef de l’État congolais a rendu hommage aux victimes de la Shoah, aux rencontres au sommet de l’État israélien, la journée a été marquée par une même ambition : consolider une relation politique déjà engagée et surtout la traduire en coopérations concrètes, en projets structurants et en résultats tangibles pour les deux peuples.

La République démocratique du Congo et Israël veulent désormais franchir un nouveau cap dans leurs relations. En visite officielle à Jérusalem, Félix-Antoine Tshisekedi a multiplié mardi les contacts de haut niveau, avec le Premier ministre Benjamin Netanyahou et le président Isaac Herzog, tandis que la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, s’entretenait avec son homologue israélien, Gideon Sa’ar.

Cette séquence diplomatique traduit la volonté affichée par Kinshasa et Tel-Aviv de transformer le rapprochement engagé ces dernières années en une coopération davantage structurée et tournée vers des résultats concrets. Les deux pays entendent élargir leur partenariat à des secteurs considérés comme stratégiques, tout en renforçant leur dialogue politique sur les questions régionales et internationales.

Netanyahou : « Une grande amitié »

L’entretien entre Félix Tshisekedi et Benjamin Netanyahou a constitué l’un des principaux temps forts de cette journée diplomatique. D’abord réunis en tête-à-tête, les deux dirigeants ont ensuite poursuivi leurs discussions en délégation élargie.

Au centre des échanges : la sécurité et la défense, mais également l’agriculture, les infrastructures, l’énergie et les hautes technologies. Autant de domaines dans lesquels Kinshasa cherche à attirer davantage d’expertise, de capitaux et de partenariats susceptibles d’accompagner ses priorités de développement.

À l’ouverture de la rencontre, Benjamin Netanyahou a insisté sur la qualité des relations entre les deux pays. « C’est une grande amitié que nous souhaitons approfondir encore plus », a déclaré le Premier ministre israélien.

Pour les deux dirigeants, l’enjeu est désormais de donner davantage de substance à cette relation et de multiplier les passerelles entre les administrations, les entreprises et les différents acteurs concernés.

Agriculture, eau et technologies au premier plan

Le président Tshisekedi s’est également entretenu avec son homologue Isaac Herzog, dans le prolongement de leur rencontre de novembre 2025 à Kinshasa. Les deux chefs d’État ont réaffirmé leur volonté de bâtir une coopération présentée comme mutuellement avantageuse.

Les discussions ont porté notamment sur l’agriculture et la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau, la santé, les technologies et l’innovation, la sécurité, la formation ainsi que l’investissement.

Pour Kinshasa, l’intérêt de cette coopération réside particulièrement dans la capacité d’Israël à partager son expérience dans plusieurs secteurs où la RDC fait face à des défis importants. L’agriculture, la maîtrise de l’eau et l’innovation technologique figurent parmi les domaines susceptibles de produire des retombées directes sur les populations.

Félix Tshisekedi a surtout insisté sur la nécessité de passer des engagements à leur exécution. « Notre ambition est de bâtir avec Israël un partenariat moderne, pragmatique et mutuellement bénéfique, qui ne se mesure pas seulement aux accords que nous signons, mais à leur mise en œuvre et aux résultats qu’ils produisent pour nos deux peuples », a-t-il souligné.

Cette volonté de privilégier les résultats marque une inflexion importante dans l’approche congolaise des partenariats internationaux. Kinshasa entend désormais mesurer la coopération à l’aune des projets effectivement réalisés et de leur impact économique et social.

Le devoir de mémoire à Yad Vashem

Avant les rencontres politiques, le président congolais s’était rendu au mémorial de Yad Vashem, consacré à la mémoire des six millions de Juifs victimes de la Shoah.

Félix Tshisekedi a visité le Musée de l’Histoire de la Shoah ainsi que la Salle des Noms, avant de déposer une couronne de fleurs et de raviver la Flamme du Souvenir dans la Crypte du Mémorial.

Ce geste de recueillement a donné une dimension particulière à la visite présidentielle. Dans une déclaration publiée par sa porte-parole, Tina Salama, le chef de l’État a présenté cette étape comme un moment de réflexion sur les conséquences de la haine et de la discrimination.

« Ma visite à Yad Vashem a été un moment de profond recueillement. La mémoire des victimes de la Shoah nous rappelle jusqu’où peuvent conduire l’antisémitisme, le racisme, la haine et la négation de la dignité humaine », a déclaré Félix Tshisekedi.

Le président congolais a insisté sur la portée universelle de cette mémoire. « Elle n’appartient pas seulement au passé : elle demeure un avertissement pour chaque génération et une responsabilité pour l’humanité tout entière », a-t-il ajouté.

Il a également appelé à faire de ce devoir de mémoire un rempart contre l’indifférence et les différentes formes d’extrémisme. « Préserver cette mémoire, c’est refuser l’indifférence et combattre, partout, la haine, la discrimination et l’extrémisme », a-t-il affirmé.

La visite à Yad Vashem s’inscrit dans une continuité diplomatique. Félix Tshisekedi avait déjà été le premier chef d’État congolais à se recueillir dans ce lieu en 2021. Cinq ans plus tard, son retour intervient dans un contexte marqué par une volonté plus affirmée de renforcer les relations politiques et économiques entre Kinshasa et Tel-Aviv.

La sécurité s’invite au cœur du rapprochement

Pendant que le chef de l’État congolais poursuivait ses consultations avec les plus hautes autorités israéliennes, la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, rencontrait Gideon Sa’ar.

Les deux responsables ont examiné les perspectives d’approfondissement des relations bilatérales, mais également les possibilités de nouveaux partenariats dans des secteurs d’intérêt commun. La rencontre s’inscrit dans le prolongement du déplacement effectué par la cheffe de la diplomatie congolaise en Israël à la fin du mois de juillet 2026.

Les questions sécuritaires ont occupé une place importante dans leurs échanges. Les deux ministres ont notamment évoqué les développements de la situation au Moyen-Orient ainsi que la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC.

Pour Kinshasa, cette dimension revêt un intérêt particulier. La persistance de l’insécurité dans l’Est du pays pousse les autorités congolaises à rechercher des appuis diplomatiques, techniques et sécuritaires auprès de partenaires internationaux.

L’échange entre les deux chefs de la diplomatie a également porté sur le soutien mutuel au sein des organisations internationales. Une dimension qui élargit le rapprochement au-delà des seuls dossiers bilatéraux et ouvre la voie à une coopération diplomatique plus étroite sur certaines questions internationales.

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