En exigeant que le dialogue intercongolais accueille le M23, l’AFC et Joseph Kabila, il ne propose pas une solution de paix.
Il propose de reconduire le plus vieux marché de la guerre congolaise : prendre les armes, occuper le territoire, tuer, administrer illégalement, puis exiger une chaise, une amnistie et, demain, un poste.
C’est exactement ce que le pays a déjà payé. C’est exactement ce qu’il faut casser.
Sa formule — « Je n’exclus ni Kabila, ni le M23, ni l’AFC » — n’a rien d’une hauteur d’État. C’est une capitulation déguisée en sagesse.
Dire que le M23 n’est « pas une opposition » tout en réclamant sa place à la table nationale, c’est se contredire.
Un groupe rebelle n’entre pas dans un dialogue souverain comme une composante politique.
Il y entre, si on le laisse faire, comme un chantage territorial.
Fayulu le sait : il dit lui-même que l’exclure donnerait un « prétexte à la balkanisation ».
Autrement dit, il accepte le chantage.
Il transforme l’occupation en argument d’inclusion.
C’est le contraire d’une politique. C’est une reddition intellectuelle.
« Dans le M23 il y a des Congolais » n’efface rien.
Il y a des Congolais dans presque toutes les milices qui ont saigné l’Est.
Cela n’a jamais fait de leurs chefs des interlocuteurs légitimes d’une refondation nationale.
Et l’appel à « parler aussi au Rwanda » achève le glissement : on passe d’un dialogue entre Congolais à une validation de l’agression.
On ne reconstruit pas un État en invitant ceux qui le démembrent.
Cette position n’est pas seulement faible.
Elle est dangereuse, parce qu’elle recycle le mensonge de la justice transitionnelle à l’congolaise : amnistier, intégrer, promouvoir, recommencer.
Depuis vingt ans, l’amnistie n’a pas supprimé la guerre. Elle l’a professionnalisée.
Grades, bra

