L’adoption de la résolution « Correct the Map » par l’Assemblée générale des Nations unies ouvre, selon le professeur Malick Muamba, une occasion pour la République démocratique du Congo de repenser sa gouvernance cartographique et géospatiale. L’expert en environnement recommande une réflexion nationale afin de mieux représenter le territoire congolais et d’intégrer les standards cartographiques fondés sur les superficies réelles.
La République démocratique du Congo est appelée à tirer parti de la récente résolution « Correct the Map » de l’Assemblée générale des Nations unies pour moderniser sa gouvernance cartographique et géospatiale. Cette recommandation a été formulée lundi à Kinshasa par le professeur Malick Muamba, expert en environnement, au lendemain de l’adoption de ce texte porté par le Togo au nom du Groupe africain.
Adoptée le 4 septembre 2026 par 164 voix pour, une contre et six abstentions, la résolution encourage une représentation plus fidèle des superficies réelles des continents sur les cartes. Elle préconise notamment le recours à des projections cartographiques à superficies équivalentes, parmi lesquelles figure « Equal Earth ».
Pour Malick Muamba, cette décision internationale doit être considérée comme une opportunité pour la RDC d’engager une réflexion de fond sur ses propres outils et mécanismes de gouvernance territoriale.
Représenter autrement le territoire
L’expert insiste toutefois sur la portée exacte de cette démarche. La résolution ne modifie ni les frontières ni les superficies physiques des territoires concernés. Elle touche à leur représentation cartographique et aux méthodes utilisées pour les mesurer et les visualiser.
« Il ne s’agit pas de changer la superficie de la République démocratique du Congo, encore moins celle de ses provinces, territoires ou secteurs. Il s’agit de corriger la manière dont nous représentons et mesurons notre territoire sur les supports cartographiques », a expliqué le professeur Muamba.
Cette précision vise à écarter toute confusion entre la superficie réelle d’un territoire et l’image que peuvent en donner certaines projections cartographiques. Selon l’expert, l’enjeu consiste donc à améliorer la qualité et la pertinence des représentations utilisées dans les domaines liés à l’aménagement du territoire, à l’environnement ou encore à la planification.
Vers une gouvernance géospatiale modernisée
La recommandation intervient dans un contexte où les données géospatiales occupent une place croissante dans la gestion des territoires. Pour la RDC, une réflexion nationale pourrait permettre d’évaluer les méthodes actuellement utilisées et d’envisager leur mise à niveau conformément aux évolutions internationales.
Le professeur Malick Muamba estime ainsi que l’adoption de « Correct the Map » constitue un point de départ pour une démarche nationale. Celle-ci pourrait notamment favoriser une meilleure maîtrise des données territoriales et renforcer leur utilisation dans la prise de décision publique.
Au-delà de la question technique des projections, l’initiative pose donc un enjeu de gouvernance. Pour la RDC, la modernisation de la cartographie et des outils géospatiaux pourrait contribuer à disposer d’une représentation plus précise de son espace national et à améliorer l’exploitation des données nécessaires à sa planification et à son développement.
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