La République démocratique du Congo s’apprête à revoir les règles qui encadrent la gestion de ses forêts. Réunis à Kinshasa depuis mercredi, les membres du Conseil consultatif national des forêts (CCNF), avec des experts et des représentants de la société civile, examinent les dernières propositions de révision du Code forestier, avant sa transmission au Parlement.
Cette deuxième session extraordinaire élargie du CCNF constitue une étape déterminante dans l’élaboration du futur cadre juridique du secteur. Les travaux sont conduits par la ministre d’État, ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du climat, Marie Nyange Ndambo, présidente du Conseil.
L’objectif affiché est de parvenir à un texte capable de mieux articuler protection des écosystèmes, exploitation durable des ressources et développement des communautés qui vivent de la forêt. Une équation sensible dans un pays qui abrite une part majeure du bassin du Congo et entend faire de ses ressources forestières un levier de développement.
La ministre d’État a appelé les membres du CCNF à enrichir le document soumis à examen, insistant sur la nécessité de replacer la réforme dans une vision d’ensemble de la politique forestière.
« Nous veillons également à construire un ensemble cohérent de réformes plutôt qu’une succession de textes isolés. Le Code forestier révisé doit ainsi traduire juridiquement les orientations de la Politique forestière nationale », a-t-elle déclaré.
Adoptée par le Gouvernement le 10 juillet 2026, cette politique entend redéfinir la place du secteur forestier dans l’économie congolaise, tout en renforçant son rôle dans la lutte contre le changement climatique. Kinshasa revendique également son statut de « pays-solution » face à la crise climatique.
La révision du Code doit notamment permettre de corriger certaines incohérences du cadre actuel, de clarifier les dispositions juridiques et de renforcer la sécurité juridique ainsi que la gouvernance du secteur.
Pour la secrétaire générale à l’Environnement, Pascaline Mbangu, l’enjeu est aussi de construire un texte suffisamment consensuel pour résister aux divergences d’intérêts qui traversent le secteur.
« Nous ne voulons laisser personne de côté autour de cette réforme », a-t-elle affirmé, appelant à intégrer les contributions des différentes parties prenantes avant la saisine du Parlement.
Cette volonté d’inclusion concerne notamment les communautés locales, directement dépendantes des ressources forestières, mais aussi les acteurs institutionnels, les experts et la société civile.
À l’issue de cette session, le Gouvernement entend disposer d’un avant-projet de loi modernisé et consensuel. Le texte devra ensuite être soumis à l’Assemblée nationale et au Sénat.
Derrière la technicité de cette réforme se joue une question plus large : comment exploiter une richesse forestière considérable sans accélérer sa dégradation, tout en transformant davantage les ressources naturelles en bénéfices pour les populations ? C’est à cette équation que le nouveau Code forestier devra désormais apporter des réponses.
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