La Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC SA) chiffre à 640 millions de dollars américains le financement nécessaire à la mise à la retraite de 4 108 agents sur un effectif de 5 600 travailleurs. Une équation sociale et financière devenue centrale dans le redressement de l’entreprise.
La restructuration de la Société nationale des chemins de fer du Congo se heurte à un enjeu financier de taille : le coût de la mise à la retraite d’une large partie de son personnel. Sur 5 600 agents, 4 108 sont déjà éligibles à la pension, selon les données présentées par le directeur général de la SNCC, Fabien Mutomb Kan Kato.
Lors d’un échange avec le caucus des députés nationaux de l’Union sacrée de la Nation pour le Haut-Katanga, le directeur général a évalué à 640 millions de dollars le montant nécessaire pour assurer le départ à la retraite de ces agents.
« Sur 5 600 agents, on compte 4 108 agents déjà éligibles à la pension. Il faut un montant de 640 millions USD pour assurer une retraite honorable à ces vaillants et navigants qui ont rendu des loyaux services à la SNCC SA », a déclaré Fabien Mutomb Kan Kato.
Le chiffre illustre le poids du passif social auquel l’entreprise ferroviaire doit faire face dans son processus de redressement. Avec un âge moyen de 63 ans, la structure de ses effectifs constitue l’un des principaux défis de gestion identifiés par sa direction.
Le renouvellement des effectifs en jeu
Au-delà du financement des départs, la question de la retraite renvoie à celle du renouvellement du personnel et, plus largement, à la modernisation de l’entreprise.
La direction de la SNCC souhaite ainsi obtenir l’accompagnement des pouvoirs publics pour permettre la prise en charge de ces départs et offrir une retraite jugée digne aux agents concernés. Fabien Mutomb Kan Kato a notamment sollicité les députés afin qu’ils plaident pour l’intégration de la SNCC dans le fonds social destiné à soutenir les entreprises confrontées à des difficultés similaires.
L’enjeu est aussi opérationnel : une vague importante de départs doit pouvoir être accompagnée d’un renouvellement des compétences afin de préserver les capacités de l’entreprise à assurer ses activités ferroviaires.
Les parlementaires sollicités
Les députés du caucus du Haut-Katanga ont également échangé avec le bureau permanent de la délégation syndicale nationale de la SNCC sur les conditions de travail et les préoccupations sociales des agents.
À l’issue des échanges, les parlementaires ont salué les efforts engagés pour la relance de cette entreprise stratégique. Ils ont notamment relevé l’implication du président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, dans le processus de redressement de la SNCC.
Pour la direction de l’entreprise, le financement de la retraite apparaît désormais comme un préalable majeur à la recomposition des effectifs. La mobilisation de 640 millions de dollars constitue ainsi l’une des principales équations financières à résoudre pour accompagner la transformation de la SNCC et renforcer son rôle dans le transport multimodal en République démocratique du Congo.
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