Le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, a appelé mardi les Congolais à saisir l’opportunité du dialogue national annoncé par le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, pour consolider la paix, renforcer la cohésion nationale et engager la refondation de l’État.
À l’ouverture de la session ordinaire de septembre 2026, au Palais du Peuple à Kinshasa, le président de la Chambre haute a salué l’initiative présidentielle, qu’il considère comme une voie privilégiée pour rechercher une issue durable aux crises qui affectent la République démocratique du Congo.
« C’est ici le lieu de lancer un appel aux Congolais épris de paix et d’un amour vrai pour leur pays, à saisir la main tendue de son Excellence M. le Président de la République, chef de l’État, pour transformer cette opportunité en une véritable occasion de paix, de cohésion nationale et de refondation de l’État », a déclaré Jean-Michel Sama Lukonde.
Pour le président du Sénat, cette démarche doit permettre de mobiliser les différentes composantes de la société congolaise autour de l’intérêt national. Il a notamment appelé les forces vives de la nation, les confessions religieuses, les partis politiques de la majorité comme de l’opposition ainsi que les organisations de la société civile à s’engager résolument dans ce processus.
Cet appel intervient alors que le pays reste confronté à une situation sécuritaire préoccupante dans sa partie orientale, marquée par les violences armées, les déplacements des populations et les atteintes aux droits humains.
Le dialogue comme voie de cohésion
Jean-Michel Sama Lukonde a rappelé que le chef de l’État avait annoncé, le 27 août dernier, l’ouverture du dialogue national pour « la paix, la cohésion et la refondation de l’État », dans le respect des institutions, de la souveraineté et de l’intérêt supérieur de la nation.
Il a également relevé la signature, le 11 septembre 2026, de l’ordonnance portant institution, organisation et fonctionnement du comité d’organisation du dialogue, estimant que cette étape marquait le début de sa matérialisation.
Le président du Sénat s’est particulièrement réjoui de l’approche annoncée, fondée sur des consultations à la base. Celles-ci, a-t-il expliqué, devraient permettre aux Congolais des 26 provinces, des territoires et des différentes communautés de contribuer au diagnostic des causes profondes de l’insécurité et des principaux problèmes qui affectent le pays.
Selon lui, cette démarche confère au dialogue une particularité par rapport aux précédentes initiatives de concertation organisées en RDC.
« Rejoindre le camp de la mère patrie »
Dans son adresse, le président du Sénat a également lancé un appel aux Congolais qui, pour diverses raisons, se sont éloignés de la nation.
« J’en appelle à la prise de conscience de toutes les filles et tous les fils du pays, notamment ceux qui, pour une raison ou une autre, ont tourné le dos à la nation, à faire amende honorable afin de rejoindre le camp de la mère patrie et se placer du bon côté de l’histoire », a-t-il déclaré.
Pour Sama Lukonde, la paix ne peut être réduite au seul silence des armes. Elle suppose également la restauration de l’autorité de l’État, le retour des personnes déplacées, la justice pour les victimes, le renforcement de la cohésion entre les Congolais et la participation de toutes les provinces au développement national.
Dans cette perspective, il a réaffirmé la disponibilité du Sénat à contribuer à la réussite de ce « rendez-vous du donner et du recevoir ».
La cohésion nationale comme impératif
Le président de la Chambre haute a ainsi placé le dialogue dans le prolongement des efforts diplomatiques engagés pour mettre fin à la crise sécuritaire, notamment à travers les processus de Washington et de Doha.
Il a toutefois insisté sur la nécessité d’évaluer ces initiatives à l’aune du respect des engagements pris et des résultats obtenus sur le terrain.
« À ceux qui défendent notre territoire, nous devons le soutien de la nation. À ceux qui souffrent de la guerre, nous devons solidarité et espérance. À ceux qui attendent de l’État des services, des emplois et de meilleures conditions de vie, nous devons des résultats », a-t-il résumé.
Infos27

