Le 15 septembre devait être un test politique. Il l’a été. Mais il n’a pas livré la démonstration attendue.
La C64 voulait faire de la rue la preuve de sa puissance. La journée a connu quelques incidents localisés. Ils ne sauraient résumer une séquence dont l’enjeu demeure la capacité à convaincre et à rassembler.
Regardons au-delà du tumulte.
En démocratie, le nombre n’est pas tout. Mais il dit quelque chose. La représentativité ne se proclame pas. Elle se conquiert par l’adhésion et se vérifie dans la capacité à rassembler.
C’est ici que le 15 septembre devient politiquement instructif.
La C64 entendait opposer à l’hypothèse d’une modification constitutionnelle une force populaire capable de peser dans le débat. Quelle force sociale organisée peut transformer cette contestation en véritable rapport de force politique ?
Les incidents n’apportent aucune réponse.
La violence peut surgir au détour d’une mobilisation. Elle peut produire des images et déplacer le débat. Elle ne crée pourtant ni mandat, ni majorité, ni légitimité. L’opposition doit donc regarder sa stratégie avec lucidité.
La radicalité du discours ne remplace pas l’enracinement. Le slogan ne remplace pas le projet. L’autoproclamation ne remplace pas l’adhésion. Et l’invocation du « peuple » ne transforme pas une prétention en vérité politique.
La société congolaise observe, compare et arbitre. Le citoyen écoute, confronte les récits et juge sur pièces.
Cette exigence vaut aussi pour le pouvoir. L’État doit garantir l’ordre public sans confondre ordre et étouffement des libertés. Une démocratie sûre d’elle-même ne redoute pas la contradiction. Elle l’encadre par le droit.
La RDC gagnera en maturité lorsque le débat politique cherchera moins dans la rue ce qu’il doit conquérir dans les consciences.
La rue peut exprimer une colère. Elle ne fabrique pas une légitimité.
Le peuple n’appartient à personne. Il se prononce. Il adhère. Il choisit. En démocratie, nul ne peut durablement parler en son nom sans avoir gagné le droit de le faire.
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