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Kinshasa
22 septembre, 2026 - 23:04:13
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Décès de Mario-Philippe Losembe : la RDC perd une figure de la diplomatie et du Parlement

La République démocratique du Congo perd l’un de ses témoins et acteurs de l’histoire politique postindépendance. Mario-Philippe Losembe, ancien ministre des Affaires étrangères, premier représentant permanent du Congo auprès des Nations unies et ancien deuxième vice-président du Sénat, est décédé mardi 22 septembre 2026 à Kinshasa, à l’âge de 93 ans. Son parcours, commencé aux premières heures de l’indépendance, l’a conduit de la diplomatie à l’action gouvernementale, puis au Parlement de transition et au Sénat.

Mario-Philippe Losembe est décédé mardi à Kinshasa, à l’âge de 93 ans, a annoncé le secrétariat général du Sénat dans un communiqué signé par Jean Bateke Mukwala. « Le secrétaire général du Sénat a la profonde douleur de vous annoncer le décès, ce mardi 22 septembre 2026, de M. Mario Philipe Losembe, ancien 2ème vice-président du Sénat (93 ans) », indique le document.

Le programme des obsèques sera communiqué ultérieurement. Avec cette disparition, le pays voit s’éteindre une personnalité dont la trajectoire épouse plusieurs séquences majeures de son histoire politique et diplomatique.

Un témoin des premières années de l’indépendance

Né dans le contexte colonial, marié et père de huit enfants, Batwanyele Losembe effectue ses études au Collège Saint-Pierre et Sainte-Anne, à Kinshasa, puis en Belgique. Il obtient une licence en sciences pédagogiques à l’Institut de psychologie appliquée et de pédagogie.

En 1959, il devient assistant-professeur à l’Université Lovanium de Kinshasa. À la veille de l’indépendance, il participe à la Table ronde économique de Bruxelles comme chef de délégation du MNC-Lumumba. Il effectue ensuite un stage au Bureau d’assistance technique des Nations unies à New York.

Son parcours diplomatique prend une dimension historique en 1960. Après l’accession du Congo à l’indépendance, deux délégations se disputent la représentation du jeune Etat aux Nations unies, l’une mandatée par le président Joseph Kasa-Vubu, l’autre par le Premier ministre Patrice Lumumba.

Le 22 novembre 1960, l’Assemblée générale des Nations unies entérine, par 54 voix contre 25 et 18 abstentions, le rapport de la commission de vérification des pouvoirs favorable à la délégation conduite au nom du chef de l’Etat. Mario-Philippe Losembe occupe ensuite le siège du Congo à l’ONU et devient, de décembre 1960 à avril 1962, son premier représentant permanent auprès de l’organisation.

De la diplomatie au gouvernement

En septembre 1960, après la neutralisation des deux têtes de l’exécutif par le colonel Joseph-Désiré Mobutu, Losembe est nommé Commissaire général à l’Education. Quelques mois plus tard, il entame une carrière diplomatique qui le conduit notamment à la direction de la Coopération internationale, puis à l’ambassade du Congo au Royaume-Uni, de 1966 à 1968.

En 1969, il devient ministre de l’Education avant de prendre, en 1970, la tête de la diplomatie congolaise comme ministre des Affaires étrangères. Il exerce également un mandat de député de la ville de Kisangani.

Après son départ du gouvernement en 1972, il connaît une période d’exil en Suisse avant de rentrer au pays en 1974. Il s’investit ensuite dans les affaires et siège notamment, entre 1982 et 1988, au conseil d’administration de l’OKIMO à Kilo-Moto.

Du pluralisme politique au Sénat

L’ouverture démocratique du début des années 1990 marque son retour actif sur la scène politique. Vice-président du PDSC chargé de la Province Orientale, il participe à la Conférence nationale souveraine.

Entre 2003 et 2006, il siège au Parlement de transition en qualité de pionnier de l’indépendance. Il accompagne également la création de l’ARC avant d’être élu, en janvier 2007, sénateur de la Province