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22 septembre, 2026 - 22:53:10
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« Passé de rebelle » : Tony Cassius Bolamba appelle Sesanga à assumer son histoire avec gravité

Dans une mise au point au ton particulièrement ferme, Tony Cassius Bolamba recadre Delly Sesanga sur la question de son passé au sein d’un mouvement rebelle et sur la manière de le mettre en perspective avec les parcours d’autres acteurs politiques. Sans se placer sur le terrain de la responsabilité pénale, l’ancien gouverneur invite l’opposant à distinguer les trajectoires individuelles et à mesurer le poids historique des conflits armés en RDC. Pour lui, l’évocation d’anciens mouvements armés ou de figures comme Nelson Mandela ne saurait relativiser les responsabilités politiques ni effacer la mémoire des victimes. « Les biographies ne s’annulent pas entre elles », rappelle-t-il, appelant à davantage de précision historique, de gravité et de compassion envers les populations meurtries par les guerres.

Ci-dessous l’intégralité du message de Tony Cassius Bolamba à Delly Sesanga

UN PEU DU SÉRIEUX, SVP !

M. Delly Sesanga

Je suis heureux de constater que vous assumez être un rebelle, mais…

Assumer son passé est respectable mais chercher ensuite à le relativiser en énumérant celui des autres l’est beaucoup moins, croyez-moi !

Que le VPM Jean-Pierre Bemba, l’honorable Lambert Mende ou d’autres aient également appartenu à des mouvements armés ne change rien à votre propre parcours. Les biographies ne s’annulent pas entre elles.

Quant à l’évocation de Nelson Mandela, elle est élégante. Peut-être même un peu trop commode. Mais l’histoire exige davantage de précision que quelques parallèles flatteurs.

Certes je suis ni procureurs ni juges. Il n’est donc pas question de vous attribuer une responsabilité pénale qui n’aurait pas été établie. Mais il existe une chose que les tribunaux ne sont pas seuls à apprécier : le sens de la responsabilité politique et de la mémoire nationale !

M. Delly Sessanga,

Une guerre laisse des morts, des déplacés, des familles brisées et des blessures durables.

La République n’est ni un dictionnaire, ni un concours de citations historiques.

On peut maîtriser les grands mots. Encore faut-il savoir en mesurer le poids.

Un homme politique peut expliquer son passé.

Un homme d’État doit aussi savoir s’en souvenir avec gravité et je me souviens de la gravité de la guerre qui a commencé le 08 Août 1998, alors que nous Mobutiste s étions en exils, à African Center à Londres, nous avons soutenu Mzee Laurent Désiré Kabila qui nous avait pourtant envoyé en exil. C’était au nom de la République !

Assumer son passé n’autorise pas à le diluer dans celui des autres : les responsabilités ne s’effacent pas par comparaison. Derechef, permettez-moi de vous dire que citer Mandela ne dispense ni de précision historique, ni de gravité envers les victimes : l’Histoire se documente, elle ne se réécrit pas à sa convenance !

Avant de se présenter soi-même comme la victime d’un « procès ridicule », un peu de compassion pour les véritables victimes ne serait certainement pas superflue, à mon humble avis ! J’ai dit.

Londres, le 21/09/2026

M. Tony Cassius Bolamba

Gouverneur honoraire 

Président de l’ACER

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