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15 octobre, 2026 - 21:59:08
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Évariste Ndayishimiye : « Si on veut la paix au Congo, le Rwanda doit se montrer positif sur le désengagement »

La mise en œuvre des accords de paix entre la RDC et le Rwanda reste au cœur des préoccupations d’Évariste Ndayishimiye. Dans un entretien accordé à France 24 en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, le président burundais appelle Kigali à s’engager concrètement dans le désengagement de ses forces de l’est congolais. Il estime que l’absence de retrait maintient le risque d’une reprise des affrontements, même en l’absence de combats ouverts. Le président en exercice de l’Union africaine lie également cette situation à la question des FDLR, dont certaines unités, selon lui, se trouvent dans des zones contrôlées par le Rwanda et l’AFC/M23. Il met ainsi en doute la cohérence de l’argument sécuritaire avancé par Kigali pour justifier sa présence militaire en RDC et évoque « un autre agenda caché ». Évariste Ndayishimiye affirme par ailleurs que la menace d’une attaque rwandaise contre le Burundi « existe encore », dans un contexte régional toujours marqué par de fortes tensions.

La paix dans l’est de la République démocratique du Congo passe, aux yeux d’Évariste Ndayishimiye, par la mise en œuvre effective des engagements pris par les parties. Plus de six mois après la conclusion des accords de Washington entre Kinshasa et Kigali, le président burundais constate une situation qu’il juge préoccupante.

« Signer un accord, c’est une chose, mais le mettre en œuvre, c’est autre chose. Et voilà que, jusqu’à maintenant, nous sommes dans l’impasse », a-t-il déclaré.

Pour le chef de l’État burundais, l’absence de désengagement des forces compromet directement la portée du cessez-le-feu. Il estime que les forces doivent être séparées afin de réduire le risque d’une reprise des affrontements.

« Quand il y a un accord de cessez-le-feu, d’abord, il doit y avoir désengagement des forces. Sinon, si les forces ne sont pas séparées, ne sont pas désengagées, comment parler de cessez-le-feu ? », s’est-il interrogé.

Un appel direct à Kigali

Évariste Ndayishimiye appelle ainsi le Rwanda à adopter une attitude favorable au processus engagé autour du désengagement militaire. Il estime que le maintien des forces sur les lignes de front entretient une situation de tension permanente.

« Si réellement on voudrait la paix au Congo, d’abord le Rwanda devrait se montrer positif par rapport au désengagement », a-t-il affirmé, appelant également le M23 à participer au processus prévu.

Selon lui, l’absence de combats ne suffit pas à garantir une accalmie durable lorsque les forces restent positionnées face à face. « Même quand il n’y a pas de crépitement d’armes, quand les forces sont encore là, c’est toujours le risque », a-t-il souligné.

Le président burundais décrit par ailleurs la crise comme un conflit à dimension à la fois interne et internationale, ce qui, selon lui, rend nécessaire une clarification du retrait des forces et des mécanismes de séparation.

Les FDLR, autre point de tension

La question des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) constitue également un élément central de l’entretien. Kigali invoque régulièrement la présence de ce groupe armé en RDC parmi les raisons de ses préoccupations sécuritaires.

Évariste Ndayishimiye affirme cependant que certaines unités des FDLR se trouvent dans des territoires contrôlés par l’AFC/M23 et le Rwanda, tandis que d’autres sont localisées dans des zones sous contrôle du gouvernement congolais.

« Mais comment il va anéantir ceux qui sont dans la zone contrôlée par Rwanda et M23 ? », s’est-il interrogé, en référence aux engagements de Kinshasa concernant la neutralisation des FDLR.

À ses yeux, l’absence d’action contre les combattants présents dans les zones contrôlées par Kigali et l’AFC/M23 nourrit des interrogations sur les motivations réelles du Rwanda. « Pour moi, je vois qu’il y a un autre agenda caché. Et en tout cas, ce qui se dit, ce n’est pas ce qui se fait », a-t-il déclaré.

Au-delà du dossier congolais, le président burundais affirme que les tensions avec Kigali restent préoccupantes pour son pays. Il estime que la menace d’une attaque rwandaise contre le Burundi « existe encore ».

Pour Évariste Ndayishimiye, la mise en œuvre concrète des engagements demeure ainsi déterminante pour réduire les risques d’une nouvelle escalade dans la région des Grands Lacs.

Infos27

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