La République démocratique du Congo a été plongée dans le deuil après le crash aérien survenu vendredi à Kenge, dans la province du Kwango, qui a coûté la vie au lieutenant-général Joseph Mutombo Katalayi Tiende, Premier Président de la Haute Cour militaire, au lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, Auditeur général des Forces armées, ainsi qu’aux membres de leur délégation et de l’équipage. Au lendemain du drame, le Président Félix Tshisekedi a rendu hommage aux disparus et présenté, au nom de la Nation, ses condoléances aux familles éprouvées. Le Gouvernement a décrété la mise en berne des drapeaux sur toute l’étendue du territoire à partir de ce lundi 28 septembre jusqu’à l’inhumation des victimes, avec trois jours de deuil national. Une enquête a également été ouverte pour déterminer les circonstances et les causes de l’accident.
Le crash de Kenge a emporté deux hauts responsables de la justice militaire congolaise. Joseph Mutombo Katalayi et Lucien-René Likulia ont péri alors qu’ils revenaient d’une mission de service effectuée à Kikwit, dans la province du Kwilu.
Selon les Forces armées, douze membres de la délégation ainsi que les membres de l’équipage ont également perdu la vie. Dans un communiqué, l’état-major général des FARDC a salué la mémoire de deux officiers généraux qui avaient consacré leur carrière au service de la République avec « honneur, dévouement et détermination ».
Mutombo, une figure de la Haute Cour militaire
La disparition du lieutenant-général Joseph Mutombo Katalayi intervient alors qu’il occupait depuis plusieurs années la fonction de Premier Président de la Haute Cour militaire, au sommet de l’ordre judiciaire militaire congolais. À ce titre, il avait présidé plusieurs procédures sensibles impliquant notamment des officiers supérieurs des FARDC et d’autres personnalités poursuivies devant cette juridiction.
Son parcours avait particulièrement été associé à plusieurs dossiers majeurs liés aux enjeux sécuritaires du pays. Son nom était notamment resté attaché au procès de l’ancien président Joseph Kabila, jugé par défaut devant la Haute Cour militaire.
En tant que Premier Président de cette juridiction, Joseph Mutombo Katalayi avait présidé la composition chargée d’examiner cette affaire, dans laquelle l’ancien chef de l’État était notamment poursuivi pour trahison, participation à un mouvement insurrectionnel et des faits qualifiés par l’accusation de crimes de guerre.
Après plusieurs audiences, il avait déclaré les débats clos et l’affaire prise en délibéré. Le 30 septembre 2025, c’est lui qui avait prononcé le verdict condamnant Joseph Kabila à la peine de mort, avec arrestation immédiate, la juridiction ayant également statué sur les réparations civiles.
Au-delà de cette procédure particulièrement médiatisée, la Haute Cour militaire était appelée à traiter plusieurs affaires majeures impliquant notamment des officiers supérieurs des FARDC. La disparition de son Premier Président intervient ainsi dans un contexte où la justice militaire demeure fortement sollicitée par les enjeux sécuritaires auxquels la RDC est confrontée.
Au Conseil des ministres, le Président Félix Tshisekedi a fait observer une pensée pieuse en mémoire des victimes et présenté, au nom de la Nation, ses condoléances aux familles éprouvées.
Drapeaux en berne et enquête ouverte
En signe d’hommage, le Gouvernement a annoncé la mise en berne des drapeaux à travers le pays à compter de ce lundi 28 septembre et jusqu’à l’inhumation des disparus. Trois jours de deuil national seront également observés avant les obsèques.
Le Gouvernement a appelé la population au « recueillement, à la retenue et à la dignité », tout en recommandant de ne pas diffuser des images ou tenir des propos susceptibles de porter atteinte à la dignité des victimes ou d’accentuer la douleur de leurs proches.
Parallèlement, le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, a instruit l’ouverture d’une enquête afin d’établir les faits, les circonstances et les causes de l’accident. Les FARDC ont également annoncé des investigations destinées à déterminer les causes exactes du crash de Kenge.
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