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14 octobre, 2026 - 18:06:33
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Crash de Kenge : le journaliste Tiani renvoie l’ancien dirigeant Kamitatu à son propre bilan politique

Le crash de Kenge, qui a coûté la vie à 17 personnes, a donné lieu à une vive passe d’armes sur les réseaux sociaux. Après qu’Olivier Kamitatu a dénoncé l’absence d’une piste dans le chef-lieu du Kwango et accusé les gouvernants actuels d’avoir fait de l’aviation une « vraie loterie », le journaliste Peter Tiani lui a opposé son propre parcours. Ancien président de l’Assemblée nationale, plusieurs fois ministre du Plan et député de Bulungu, Kamitatu est sommé de répondre sur les infrastructures et les projets structurants réalisés pour le Grand Bandundu durant ses années aux affaires. « Commencez donc par vous regarder dans le miroir et à faire votre propre bilan », lui lance Peter Tiani.

Le crash de Kenge a endeuillé la Nation. Dix-sept personnes ont perdu la vie dans ce drame aérien qui a notamment emporté deux hauts magistrats militaires. Au milieu de l’émotion, Olivier Kamitatu a choisi de porter le débat sur le terrain politique. Reprenant sur son compte X l’image de l’aéronef en flammes, l’ancien président de l’Assemblée nationale a dénoncé l’absence d’une piste dans le chef-lieu du Kwango, estimant que, sur les 2,3 millions de kilomètres carrés que compte la RDC, « l’avion n’est pas un luxe ; c’est une nécessité vitale ». Avant de conclure : « Kenge n’est pas une fatalité. C’est un abandon. Et l’abandon a un responsable. »

Une réplique qui renvoie au passé

Cette accusation n’est pas restée sans réponse. Peter Tiani, directeur général de Perfect Télévision, lui a répondu sur le même canal, contestant vivement la manière dont Kamitatu a choisi d’intervenir au lendemain de la tragédie.

« Avant de condamner le régime en place et de vous moquer de la mort de ceux qui ont servi la Nation sous le drapeau, avec bravoure et abnégation, commencez donc par vous regarder dans le miroir et à faire votre propre bilan », écrit le journaliste.

Pour Tiani, la question n’est pas seulement de savoir ce que les autorités actuelles font ou ne font pas. Elle porte aussi sur ce que les responsables politiques d’hier ont laissé derrière eux. Et Olivier Kamitatu, rappelle-t-il, ne peut être rangé parmi les simples commentateurs de la gestion publique.

Des fonctions au sommet de l’État

Le parcours de Kamitatu donne effectivement une portée particulière à cette interpellation. De 2003 à 2006, il préside l’Assemblée nationale de transition. En 2006, il est élu député de Bulungu. Le 5 février 2007, il devient ministre du Plan dans le gouvernement Gizenga, fonction qu’il conserve sous le gouvernement Muzito II.

Réélu député de Bulungu en 2011, il retrouve le portefeuille du Plan en décembre 2014 dans le gouvernement Matata II. Son parcours politique passe également par les concertations nationales de 2013 et les négociations ayant conduit à l’accord de la Saint-Sylvestre en 2016. À partir de 2020, il rejoint Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, dont il devient directeur de cabinet et porte-parole.

Autrement dit, Kamitatu a disposé de leviers politiques et institutionnels importants pendant plusieurs années. C’est précisément ce passé que Peter Tiani remet sur la table.

Bulungu, Kenge et la question du bilan

« Quelles infrastructures ? Quels projets structurants ? Quelles réalisations majeures ? Quel lobbying avez-vous réellement mené pour permettre à cette province de sortir de l’état catastrophique dans lequel elle se trouve ? », questionne Tiani.

La charge est directe. Elle vise notamment la représentation de Bulungu, circonscription électorale de Kamitatu, mais élargit la question à l’ensemble du Grand Bandundu. Car si l’absence de piste à Kenge constitue aujourd’hui, comme l’affirme Kamitatu, une défaillance grave, une autre interrogation demeure : pourquoi cette situation n’a-t-elle pas été durablement corrigée au cours des périodes où il occupait de hautes responsabilités ?

Il serait évidemment excessif d’attribuer à un seul responsable l’ensemble des déficits infrastructurels d’une région. Mais l’argument de Tiani porte sur la cohérence du discours politique : celui qui a participé à la gestion du pays pendant des années peut difficilement dénoncer les carences actuelles sans accepter que son propre bilan soit également examiné.

La mémoire politique face aux responsabilités

Le débat dépasse ainsi la seule polémique entre deux hommes. Il pose la question de la continuité de la responsabilité publique. Les insuffisances d’une province ne naissent pas nécessairement avec l’arrivée d’un nouveau pouvoir et ne disparaissent pas avec le départ d’un ancien responsable.

À Kenge comme à Bulungu, l’enjeu est donc de distinguer la dénonciation politique du bilan concret. Le drame de Kenge exige d’abord que les circonstances du crash soient établies et que les responsabilités éventuelles soient déterminées. Mais la controverse ouverte par Kamitatu soulève parallèlement une question politique légitime : que reste-t-il des années durant lesquelles ceux qui dénoncent aujourd’hui l’abandon disposaient eux-mêmes d’une partie des leviers de l’État ?

C’est sur ce terrain que Peter Tiani a choisi de placer Olivier Kamitatu. Et sa réplique tient en une exigence simple : avant de distribuer les responsabilités aux gouvernants actuels, assumer aussi celles qui découlent de son propre passage aux affaires.

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