Donald Trump a fait de la paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda un succès diplomatique personnel. Dès lors, sa déclaration selon laquelle il a « mis fin à la guerre » crée une obligation politique qu’il lui sera difficile d’éluder. Car sur le terrain, la paix reste inachevée et le retrait des forces rwandaises demeure au cœur des engagements de Washington. Massad Boulos vient lui-même de rappeler que le processus doit encore être appliqué et que Kigali doit respecter ses engagements. Paul Kagame peut encore jouer la montre, multiplier les exigences et ralentir l’exécution de l’accord. Mais cette stratégie comporte désormais un risque : transformer l’attente en bras de fer avec Washington. Car si Trump affirme avoir mis fin à une guerre, il devra tôt ou tard démontrer que les paroles du président des États-Unis sont suivies d’effets.
La séquence prend une résonance particulière parce que Donald Trump ne s’exprimait pas spontanément sur la situation dans l’Est de la RDC. Il répondait à une question de Hariana Veras, journaliste, animatrice et productrice, correspondante permanente pour l’Afrique auprès de la Maison-Blanche, du Sénat américain, du Pentagone et du Département d’État. Depuis Washington, elle a directement interpellé le président américain sur la persistance des violences en République démocratique du Congo, faisant valoir qu’elle s’était rendue dans le pays quelques semaines auparavant et qu’elle y avait encore constaté les conséquences de la guerre.
À cette interpellation, Trump a répondu : « Nous avons mis fin à la guerre entre le Congo et le Rwanda et ils ont tous les deux signé et ils ont tous les deux accepté. » Puis, interrogé sur l’éventualité d’une violation de l’accord, il a ajouté : « Nous allons l’arrêter s’il y a une violation. » Face à l’insistance de la journaliste, il a encore assuré : « Je vais m’assurer que ça marche. »
Ces propos résument toute l’équation actuelle. Trump ne parle plus comme un simple observateur d’une crise africaine. Il parle comme le président américain qui revendique la réussite d’une médiation, celui qui a réuni Félix Tshisekedi et Paul Kagame à Washington et qui présente l’accord conclu sous son parrainage comme une étape décisive vers la fin de la guerre.
Dès lors, si les hostilités persistent, si les engagements restent inappliqués et si les forces rwandaises demeurent dans l’Est congolais, le problème ne concernera plus seulement Kinshasa et Kigali. Il touchera directement la crédibilité de Washington.
Une signature ne suffit plus
C’est tout le paradoxe de la situation. Pour Donald Trump, la guerre est terminée parce qu’un accord a été signé. Pour les populations congolaises, elle ne peut être considérée comme terminée tant que l’insécurité persiste et que les engagements de retrait ne produisent pas d’effets concrets.
Massad Boulos a précisément replacé le débat sur ce terrain. Le conseiller américain a rappelé que l’accord doit être effectivement appliqué et que la responsabilité de respecter les engagements incombe désormais aux parties. Les mesures prises par
Washington contre des responsables et structures rwandais montrent surtout que l’administration américaine ne considère pas le processus comme un simple exercice diplomatique.
La différence est essentielle. Un accord peut mettre fin politiquement à une guerre ; il ne suffit pas, à lui seul, à faire disparaître les forces armées, les groupes rebelles et les rapports de force qui l’ont alimentée.
C’est pourquoi le pr

