Le débat ouvert par le vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, autour d’une capacité théorique d’endettement de la RDC pouvant atteindre 100 milliards de dollars dépasse désormais la seule question du ratio dette/PIB. Il pose celle, plus décisive, de la capacité de l’État congolais à transformer des capitaux empruntés en infrastructures, énergie, industries, emplois, recettes publiques et capacités productives durables. L’enjeu consiste ainsi à articuler financement, projets bancables, contrôle, résultats mesurables et capacité de remboursement. Pour l’analyste Éric Kamba, le véritable indicateur ne réside pas seulement dans ce que le pays peut emprunter, mais dans ce qu’il est capable de produire avec ces ressources.
Tribune
RDC : de la capacité d’endettement à la capacité de transformation
Le débat sur les 100 milliards de dollars ne devrait pas seulement porter sur ce que la RDC peut emprunter, mais sur ce que l’État est réellement capable de transformer en infrastructures, production, emplois, recettes et développement durable.
La question de l’endettement de la République démocratique du Congo mérite d’être posée autrement.
À la suite des récentes déclarations du vice-Premier ministre et ministre du Budget, Adolphe Muzito, une grande partie du débat s’est concentrée sur un chiffre spectaculaire : la RDC disposerait théoriquement d’une marge d’endettement pouvant aller jusqu’à environ 100 milliards de dollars tout en maintenant son ratio dette/PIB sous la barre de 50 %.
Mais ce chiffre, aussi impressionnant soit-il, risque de nous détourner de la véritable question.
Le problème fondamental du Congo n’est peut-être pas de savoir combien le pays peut emprunter.
Il est de savoir combien il est capable d’investir efficacement, de transformer en actifs productifs et, surtout, de convertir en résultats mesurables pour sa population.
Car entre capacité d’endettement et capacité de transformation, il existe une différence fondamentale.
La dette n’est pas encore du développement
Un État peut disposer d’une marge d’endettement importante sans disposer automatiquement de la capacité institutionnelle nécessaire pour gérer efficacement les capitaux mobilisés.
Emprunter est une opération financière.
Transformer l’argent emprunté en routes, chemins de fer, centrales électriques, ports, industries, infrastructures agricoles, hôpitaux, écoles et emplois durables relève de la capacité de l’État.
C’est pourquoi la dette ne doit jamais être considérée comme une richesse en elle-même.
Elle ne devient un instrument de développement que lorsqu’ell

