Plus de 4 400 violations des droits humains, touchant près de 9 500 victimes, ont été recensées entre janvier et septembre 2026 dans le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri, selon la Haute-Commissaire adjointe aux droits de l’homme, Awa Dabo. Présentant ce bilan vendredi 2 octobre à Genève, elle a appelé toutes les parties à respecter le droit international humanitaire et les droits humains.
La situation des droits humains reste préoccupante en République démocratique du Congo, particulièrement dans l’Est du pays. À Genève, la Haute-Commissaire adjointe aux droits de l’homme, Awa Dabo, a fait état vendredi 2 octobre de milliers de violations enregistrées depuis le début de l’année, tout en appelant les parties à respecter leurs obligations en matière de droits humains et de droit international humanitaire.
Intervenant lors de la 63e session du Conseil des droits de l’homme, elle a d’abord rendu hommage aux victimes du crash d’hélicoptère survenu le 25 septembre, qui a fait 17 morts, parmi lesquels le président de la Haute Cour militaire, Joseph Mutombo Katalayi, et l’auditeur général des FARDC, Lucien-René Likulia. Elle a souligné la perte que représente leur disparition dans la lutte contre l’impunité des violations graves, notamment les violences sexuelles liées aux conflits.
Plus de 4 400 violations documentées
Entre janvier et septembre 2026, environ 4 400 violations des droits humains ont été recensées dans le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri, affectant près de 9 500 victimes. Les violences sexuelles liées aux conflits demeurent particulièrement préoccupantes, avec plus de 1 080 victimes documentées sur une période d’un an. Selon les données présentées, 74 % de ces cas sont attribués à des groupes armés.
Awa Dabo a toutefois relevé certaines avancées judiciaires. Cinq missions d’enquête conjointes et huit audiences mobiles ont notamment abouti à la condamnation de 161 militaires et de 30 combattants de groupes armés.
La menace sécuritaire reste néanmoins importante. Entre janvier et septembre, 319 violations ont été attribuées à l’ADF, faisant plus de 1 500 victimes.
Ebola et situation humanitaire
La Haute-Commissaire adjointe a également évoqué la situation sanitaire, notamment l’épidémie d’Ebola, présentée comme la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC, avec plus de 8 000 cas confirmés et 3 900 décès.
La riposte demeure confrontée à plusieurs difficultés, notamment les attaques et menaces visant les personnels de santé ainsi que la désinformation. Au 11 septembre, au moins 36 menaces et agressions contre les équipes médicales avaient été documentées.
Sur le plan sécuritaire, les affrontements entre l’AFC/M23, soutenu par le Rwanda selon les éléments présentés, et les FARDC appuyées par les Wazalendo se sont intensifiés depuis la mi-septembre, malgré les engagements pris dans les processus de paix de Doha et de Washington. Cette situation contribue à l’aggravation de la crise humanitaire, avec plus de 6,1 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays.
Appel au dialogue et à une meilleure gouvernance
Face à cette situation, Awa Dabo a appelé toutes les parties à respecter le droit international humanitaire et les droits humains. Elle a également réitéré l’appel au retrait des troupes rwandaises et insisté sur la nécessité d’un dialogue national inclusif associant les femmes, les jeunes, la société civile et les défenseurs des droits humains.
La responsable onusienne a enfin relevé le contraste entre l’abondance des ressources minérales de la RDC et la pauvreté d’une grande partie de sa population. Elle a plaidé pour des évaluations obligatoires de l’impact des projets liés aux ressources naturelles sur les droits humains, ainsi que pour des réformes de gouvernance et un renforcement de la lutte contre la corruption.
Justin Mupanya, correspondant au Nord-Kivu

