Les révélations d’Amnesty International sur les sites miniers de l’Est de la RDC dévoilent le visage brutal du système imposé dans les territoires contrôlés par le M23-AFC. À Rubaya, trois conteneurs servent à détenir et torturer des mineurs, tandis que des familles sont soumises aux rançons et que des travailleurs forcés extraient les ressources du sous-sol congolais. Ces pratiques s’inscrivent dans la politique criminelle de l’occupation rwandaise, menée avec le M23-AFC comme supplétif. Face à ces crimes, la communauté internationale ne peut plus se contenter de condamnations de principe. Elle doit agir contre Kigali, exiger le retrait de ses troupes du territoire congolais et mettre fin au pillage des ressources de la RDC. La protection des populations et le respect de la souveraineté congolaise exigent désormais des mesures concrètes à la hauteur de la gravité de la situation.
Trois conteneurs installés autour du site minier de Rubaya, dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu, servent à détenir et torturer des mineurs. L’information a été rapportée dimanche à l’ACP par Lane Hartill, chercheur américain d’Amnesty International, à la suite des investigations menées par l’organisation dans les zones minières contrôlées par le M23-AFC.
« Nous avons documenté des cas de mauvais traitements et de tortures. À Rubaya, par exemple, il y a des conteneurs dans lesquels des mineurs sont détenus et torturés. Nous avons identifié trois conteneurs aux alentours du site », a déclaré le chercheur.
Selon lui, l’accès limité aux zones contrôlées par le M23-AFC empêche de connaître toute l’ampleur des exactions commises dans ces sites. « Les gens ne savent donc pas exactement ce qui s’y passe. Il était important pour Amnesty International de dévoiler la réalité dans les sites miniers artisanaux », a-t-il soutenu.
Rançons et travail forcé
Les détentions servent également de moyen de pression sur les familles. D’après Lane Hartill, des membres du M23-AFC exigent des rançons en échange de la libération des mineurs détenus.
« La majorité des familles n’ont pas suffisamment d’argent pour payer. Les membres du M23-AFC leur disent alors : Vous allez creuser pour nous. C’est ce qui constitue le travail forcé », a indiqué le chercheur.
Amnesty International documente également des cas de recrutement forcé de mineurs. Certains sont contraints de rejoindre des centres de formation contrôlés par le M23-AFC.
Ces éléments figurent dans un rapport publié le 21 septembre 2026 par le bureau de Nairobi d’Amnesty International, intitulé « RDC : On n’est pas ici pour jouer ». Le document porte notamment sur les violations des droits humains dans les sites miniers ainsi que sur l’exploitation des ressources congolaises dans les zones contrôlées par le M23-AFC.
Dans le cadre de ses investigations, l’organisation a examiné deux sites : une mine de coltan dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, et un site aurifère au Sud-Kivu. Amnesty International précise que ces deux sites ne représentent qu’un aperçu d’une situation plus vaste, le M23-AFC contrôlant plusieurs autres sites miniers dans les deux provinces.
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