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Kinshasa
11 octobre, 2026 - 04:07:14
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Agression rwandaise : Kinshasa presse ses partenaires de durcir les sanctions

Le gouvernement congolais accentue la pression sur ses partenaires occidentaux pour obtenir des sanctions plus robustes contre le Rwanda, qui soutient l’AFC/M23. Invité lundi 5 octobre sur TV5 Monde, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a défendu la position de Kinshasa, estimant que les décisions de l’Union européenne et des États-Unis désignent clairement Kigali comme l’agresseur, tout en appelant à des mesures davantage contraignantes.

Pour le porte-parole du gouvernement, l’enjeu est désormais celui de la crédibilité des institutions internationales, notamment du Conseil de sécurité des Nations unies, appelé à faire respecter la résolution 2773. « Lorsqu’il y a un agresseur, il ne faut pas seulement condamner. Il faut prendre des mesures plus robustes », a-t-il soutenu.

Kinshasa attend ainsi de ses partenaires qu’ils exercent une pression suffisante sur Kigali pour obtenir le retrait des forces rwandaises du territoire congolais et la cessation de son soutien à l’AFC/M23. Le gouvernement congolais affirme parallèlement travailler à déconstruire les arguments avancés par Kigali, notamment celui lié à la présence des FDLR.

La médiation africaine à Goma sous surveillance

La présence à Goma de trois anciens chefs d’État membres du panel de l’Union africaine chargé de la médiation s’inscrit, selon Muyaya, dans les efforts diplomatiques engagés sous l’égide de la présidence togolaise du processus.

Kinshasa dit attendre de ces discussions un desserrement de l’étau sécuritaire et humanitaire qui pèse sur les populations de l’Est. Le ministre rappelle à cet égard la résolution 2773, qui demande au Rwanda de retirer ses forces de la RDC et de mettre fin à son soutien au M23.

Cette médiation intervient alors que plusieurs initiatives diplomatiques se sont succédé, notamment les processus de Washington et de Doha, sans parvenir à mettre durablement fin aux combats. Muyaya attribue cette persistance au refus, selon lui, de Kigali de renoncer à ses ambitions dans l’Est congolais.

« Nous, comme République démocratique du Congo, dans le cadre des accords de Washington, nous nous acquittons de notre part, mais il faut deux pour danser la rumba », a-t-il déclaré.

Le dialogue national maintenu 

Sur le front intérieur, le porte-parole du gouvernement rejette l’idée d’un dialogue national compromis par le refus de l’Article 64 et du mouvement de Joseph Kabila d’y prendre part.

Patrick Muyaya assure que le processus voulu par le président Félix Tshisekedi ira de l’avant. Il rappelle la mise en place, par ordonnance du 11 septembre, d’un comité d’organisation préliminaire ainsi que les premiers contacts avec les confessions religieuses, notamment la CENCO.

Selon lui, ce dialogue doit dépasser les précédentes expériences et s’appuyer sur la base pour traiter trois priorités : la paix, la cohésion nationale et la refondation de l’État. Le gouvernement entend notamment éviter que les questions identitaires et communautaires ne soient instrumentalisées dans le contexte de la crise sécuritaire.

Ebola : Kinshasa défend un optimisme prudent

Sur l’épidémie d’Ebola, qui a dépassé le seuil des 4.000 décès selon les chiffres évoqués durant l’entretien, Muyaya défend l’optimisme affiché par le ministre de la Santé, Roger Kamba.

Il insiste sur la transparence de la riposte, conduite avec l’OMS, Africa CDC et les autres partenaires. Selon lui, la réduction du nombre de zones de santé affectées, de 64 à 44, traduit une évolution favorable, même si de nouvelles poches demeurent préoccupantes, notamment au Nord-Kivu.

Kinshasa entend toutefois obtenir davantage de traçabilité dans l’utilisation des financements internationaux mobilisés pour la riposte. « La redevabilité fait aussi partie de la transparence pour une bonne gestion de l’épidémie », a insisté le ministre.

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