Joseph Kabila doit répondre de ses choix politiques et de son rôle dans les crises sécuritaires qui ont endeuillé l’Est de la République démocratique du Congo. Dans une tribune au ton ferme, Julien Paluku, ancien gouverneur du Nord-Kivu et ministre du Commerce extérieur, démontre comment l’ex-président a tourné le dos aux intérêts de la République en se rapprochant de ses anciens adversaires, aujourd’hui associés à la rébellion dans l’Est. À travers six épisodes marquants, de Tongo en 2008 à Chanzu en 2013, il remet en cause les décisions militaires de l’ancien régime et affirme que son arrivée à Goma, en 2025, éclaire d’un jour nouveau les ambiguïtés de la guerre. L’auteur récuse toute accusation d’opportunisme et revendique une position fondée, selon lui, sur le devoir patriotique plutôt que sur la recherche d’un poste. Il oppose à Joseph Kabila la conduite de Félix-Antoine Tshisekedi, qu’il soutient ouvertement dans la défense de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationales. Évoquant également la corruption et les droits humains, Julien Paluku estime que l’ancien chef de l’État ne peut s’ériger en donneur de leçons. Son message est sans équivoque : face à la guerre au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, aucun calcul politique ne doit prévaloir sur la défense de la patrie. Il appelle les Congolais à rejeter toute entreprise qu’il considère comme une trahison nationale et à faire bloc derrière les institutions de la République.
Tribune de Julien Paluku
L’aveu de Goma : le grand masque enfin tombé
Soupçonnant l’arrivée de Joseph Kabila Kabange (JKK) à Goma, j’avais en 2025 posé 12 questions qui se résument en deux :
● Est-ce le fils de son père, assassiné en 2001 par la mafia rwandaise, qui est entré à Goma sous la protection et le contrôle de ces mêmes Rwandais ?
● Est-ce le Président, fils de Laurent-Désiré Kabila (LDK), qui a radié Makenga et ses alliés de l’armée pour se retrouver aujourd’hui sous leur protection ? (…)
Autant d’interrogations d’un homme désemparé par le revirement spectaculaire d’un Président qui a basculé, après 18 ans de pouvoir, dans la rébellion : quel gâchis, quelle leçon pour la jeunesse, quelle honte pour la République, quelle humiliation pour tous les intellectuels que nous sommes d’avoir cru que nous accompagnions le fils de Mzée dont nous connaissions la ligne directrice et la posture de défenseur de l’intégrité du territoire !
Beaucoup de gens se demandent : pourquoi ceux qui ont travaillé avec Joseph Kabila, comme Julien Paluku, sont-ils en première ligne d’attaque ? Pour certains, ils chercheraient des emplois et navigueraient à tout vent.
Voilà où mènent les analyses quand on est frappé de cécité.
Qu’il est bas de développer un tel argumentaire face aux preuves irréfutables d’une trahison sans appel !
En effet, ils auraient raison si JKK vivait après son mandat ce qu’il clamait constamment : la défense des valeurs démocratiques, la paix et la concorde. Ils auraient raison si l’on voyait JKK aux côtés de son successeur lors des cérémonies officielles, comme c’est le cas dans d’autres pays, ou si on le voyait circuler librement dans les rues de Kinshasa.
Les Congolais vivraient alors la concrétisation d’une alternance pacifique. Qui lui a demandé de quitter la ville de Kinshasa ? Ne dit-on pas souvent que chasser le naturel, il revient au galop! En effet, on finit toujours par agir comme on a vécu.
Le revirement spectaculaire de JKK nous a permis de comprendre tout le jeu et la mécanique de la guerre à l’Est que nous ne saisissions pas à l’époque. C’est après son arrivée à Goma en 2025 que nous avons compris certains faits et gestes d’une extrême gravité.
Je vais en citer six :
1. Premier fait : La décision de demander aux FARDC de stopper la guerre à Tongo, dans le territoire de Rutshuru (2008), en donnant l’ordre d’arrêter le combat alors que Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda pliaient bagage (le Colonel Zaïre, paix à son âme, pouvait en témoigner ; d’autres me lisent encore). Les militaires, furieux de cet ordre, se sont arrêtés, et

