La condamnation de Joseph Kabila par la Haute Cour militaire congolaise et les sanctions américaines pour son soutien à l’AFC-M23 relancent la question de ses responsabilités dans les crimes commis dans l’est de la République démocratique du Congo. Dans une tribune, le géostratège Éric Kamba appelle le Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) à examiner les éléments disponibles, sans préjuger de la culpabilité de l’ancien président. Il plaide pour la confrontation des preuves issues de la procédure congolaise, des informations ayant fondé les sanctions américaines et des données relatives aux crimes présumés. L’enjeu consiste à établir d’éventuels liens entre financements, soutiens matériels, instructions et exactions imputées aux groupes armés, dans le respect du Statut de Rome et des droits de la défense. Soulignant que la qualité d’ancien chef de l’État ne constitue pas une immunité devant la justice internationale, Éric Kamba réclame un examen indépendant, juridiquement fondé et centré sur les victimes, tout en rappelant que la CPI n’est pas une juridiction d’appel des décisions nationales.
Tribune
Les accusations contre Joseph Kabila appellent un examen par la CPI
Les éléments ayant fondé la condamnation congolaise et les sanctions américaines doivent être confrontés pour déterminer si Joseph Kabila porte une responsabilité personnelle dans des crimes commis dans l’est du Congo. Le Bureau du Procureur de la CPI doit pouvoir examiner cette question sans obstacle lié à son ancien rang.
Joseph Kabila affirme que le Congo est en péril. Mais lorsqu’un ancien président fait lui-même l’objet d’accusations de soutien à une rébellion, ses déclarations politiques ne suffisent plus. Elles appellent une exigence : répondre aux faits qui lui sont reprochés.
Le sujet dépasse désormais la confrontation avec Félix Tshisekedi. Il concerne les victimes et une question précise : Joseph Kabila a-t-il contribué, dans des conditions engageant sa responsabilité pénale, à des crimes relevant de la Cour pénale internationale ?
Cette question doit être examinée à partir de preuves vérifiables.
Des accusations précises à examiner
Le 30 septembre 2025, la Haute Cour militaire congolaise a condamné Joseph Kabila à mort par contumace, notamment pour trahison, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, dans une affaire concernant son soutien présumé à l’AFC-M23. Il conteste ces accusations et dénonce une procédure politiquement motivée. Selon Reuters, il n’était ni présent ni représenté à son procès.
Le 30 avril 2026, le Trésor américain l’a sanctionné pour son soutien au M23 et à l’Alliance Fleuve Congo. Le communiqué lui attribue notamment un financement de l’AFC et des encouragements adressés à des militaires congolais pour rejoindre ses forces. Il évoque aussi une tentative infructueuse de lancer des attaques contre les FARDC depuis l’extérieur du pays.
Une condamnation nationale et des sanctions administratives ne valent pas condamnation devant la CPI. Mais les éléments qui les fondent constituent des pistes concrètes à examiner : financements, communications, soutiens matériels et relations opérationnelles.
Il faut obtenir les pièces, vérifier leur origine et confronter les sources. La crédibilité du dossier dépendra de ce travail.
Suivre les contributions jusqu’aux crimes
La question décisive est celle du lien entre le soutien allégué et des crimes déterminés.
Quels fonds auraient été versés, à qui et pour quelle utilisation ? Quels moyens auraient été fournis ? Quelles instructions auraient été données ? Que savait Joseph Kabila des crimes présumés, et quelle contribution personnelle aurait-il apportée ?
Les réponses doivent permettre d’identifier des actes, des dates, des lieux et des victimes. Elles doivent aussi établir les éléments de connaissance ou d’intention requis par le Statut de Rome.
Une justice capable de poursuivre les exécutants doit également pouvoir examin

