L’impasse du processus politique sur le Sahara relance le débat sur la responsabilité des acteurs régionaux. Lors de son exposé du 8 octobre devant le Conseil de sécurité, l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, Staffan de Mistura, a pointé les blocages persistants et le refus du Polisario d’examiner sérieusement l’autonomie proposée par le Maroc. Cette démarche suscite des interrogations sur la place accordée à l’Algérie, dont le rôle dans les négociations reste déterminant.
Le processus de règlement du différend sur le Sahara occidental demeure dans une impasse, malgré les efforts diplomatiques engagés sous l’égide des Nations unies. Le 8 octobre, devant le Conseil de sécurité, Staffan de Mistura a identifié deux obstacles majeurs : la poursuite des tensions militaires et le manque de confiance entre les parties. Il a également déploré le refus du Polisario d’examiner sérieusement la proposition marocaine d’autonomie.
Cette analyse remet au centre du débat la capacité de la médiation onusienne à obtenir des concessions de l’ensemble des acteurs concernés. Si le Maroc défend une autonomie sous sa souveraineté, le Polisario continue de revendiquer l’autodétermination et l’indépendance.
L’Algérie, un acteur incontournable
La place de l’Algérie constitue un enjeu essentiel du processus. Alger soutient politiquement et diplomatiquement le Polisario, dont les dirigeants et les camps de réfugiés sont établis sur son territoire depuis 1975. Les déclarations répétées des autorités algériennes contre le plan marocain témoignent de leur opposition à cette option.
En septembre, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a réaffirmé que « le plan d’autonomie promu par le Maroc ne peut constituer une solution ». Cette position contraste avec la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée le 31 octobre 2025, qui place la proposition marocaine au cœur des négociations.
Le rapport du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, daté du 1er octobre 2026, mentionne par ailleurs la reprise du dialogue direct avec l’Algérie après près de sept ans d’interruption. Cet élément souligne l’importance de son implication dans la recherche d’un règlement.
Des garanties pour relancer les pourparlers
La médiation dispose désormais d’un cadre diplomatique renouvelé, notamment grâce à l’implication des États-Unis. Mais la relance des négociations dépendra de la capacité des parties à dépasser leurs positions respectives et à examiner les modalités d’un compromis politique.
Dans ce contexte, Staffan de Mistura est attendu sur sa capacité à obtenir des engagements concrets de tous les acteurs, y compris l’Algérie, concernant la désescalade et les perspectives d’un accord. La recherche d’une solution durable exige une approche prenant en compte les responsabilités et les préoccupations de chacun.
L’enjeu dépasse la seule relance des discussions : il s’agit de préserver les chances d’un règlement politique négocié, conformément aux efforts des Nations unies, dans une région où la persistance du différend pèse sur les relations entre les pays du Maghreb.
Infos27 avec barlamane.com

