Le lancement du Front pour la refondation de la nation (FRN), sous la direction de Joseph Kabila, ravive les tensions au sein de la classe politique congolaise. Vital Kamerhe, président de l’UNC, remet en question la démarche de l’ancien chef de l’État, estimant que les ambitions affichées en faveur de la paix sont difficilement conciliables avec le recours à la lutte armée. Il appelle à une prise de responsabilité politique et à la recherche de solutions pacifiques à la crise sécuritaire dans l’Est du pays.
Alors que l’Est de la République démocratique du Congo reste en proie aux violences armées, la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), dirigé par l’ancien président Joseph Kabila, suscite des critiques à Kinshasa. Le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC), Vital Kamerhe, dénonce le décalage entre les appels à la paix et le recours aux armes.
Dans une vidéo publiée mercredi 14 octobre sur son compte X, il a déclaré : « On ne peut proposer la paix à notre peuple tout en recourant aux armes ».
Le FRN au centre des interrogations
Vital Kamerhe rapproche les déclarations de Joseph Kabila du 9 octobre sur la paix et l’annonce, trois jours plus tard à Goma, de la création du FRN. Associée à la recomposition de la mouvance politico-militaire liée à l’AFC/M23, cette initiative soulève des interrogations sur ses objectifs. Le député Peter Kazadi estime, de son côté, qu’il s’agit d’une structure existante sous une nouvelle appellation.
Pour le président de l’UNC, les différends politiques doivent être réglés par le dialogue plutôt que par des affrontements suivis de négociations.
Kabila interpellé sur son bilan
Vital Kamerhe a également appelé Joseph Kabila à assumer sa part de responsabilité dans les difficultés actuelles du pays, au regard de ses dix-huit années au pouvoir.
« On n’efface pas son propre bilan en accusant son successeur », a-t-il affirmé, plaidant pour une analyse des choix politiques ayant marqué l’histoire de la RDC.
Il a par ailleurs dénoncé les conséquences humaines des conflits dans l’Est, notamment les déplacements forcés, les interruptions de la scolarité et les violences contre les femmes. Selon lui, les rébellions successives n’ont apporté ni sécurité, ni justice, ni prospérité aux populations.
Un appel au dialogue et à l’apaisement
Vital Kamerhe a réaffirmé son soutien au président Félix Tshisekedi et appelé les Congolais à défendre pacifiquement la souveraineté nationale, l’intégrité territoriale et l’ordre constitutionnel. Il exhorte également les groupes armés à abandonner la violence au profit d’une solution négociée.
« À quoi bon prendre les armes pour finir autour de la table de la négociation, alors que le dialogue aurait pu permettre d’éviter tant de pertes en vies humaines ? », s’est-il interrogé.
Pour le dirigeant de l’UNC, la crédibilité de toute initiative de refondation nationale dépendra de sa capacité à privilégier le dialogue et à contribuer à la fin des violences.
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