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Kinshasa
15 octobre, 2026 - 19:49:31
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Baleinières en bois : la Tshopo réclame un moratoire de douze mois

L’Assemblée provinciale de la Tshopo sollicite l’intervention du gouvernement central pour éviter une perturbation de l’approvisionnement de Kisangani et de plusieurs territoires. Dans une lettre adressée au vice-Premier ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba, le 14 octobre 2026, son président, Mateus Kanga Londimo, demande un moratoire sur la mesure visant les baleinières en bois. Il propose, à défaut, une transition de douze mois réservée au transport des marchandises, sans passagers.

Le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, Mateus Kanga Londimo, appelle le gouvernement central à aménager la mise en application de la mesure relative aux baleinières en bois. Dans une correspondance datée du 14 octobre 2026 et adressée au vice-Premier ministre, ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, il sollicite un moratoire afin de préserver l’approvisionnement de cette province enclavée, fortement dépendante du transport fluvial.

Dans sa lettre, l’autorité provinciale reconnaît les efforts du gouvernement visant à renforcer la sécurité de la navigation et à prévenir les naufrages ainsi que les pertes en vies humaines. Elle estime cependant qu’une application immédiate de la mesure, sans solutions alternatives adaptées aux réalités locales, pourrait perturber les circuits d’approvisionnement et affecter les conditions de vie de la population.

L’approvisionnement provincial en question

La Tshopo dépend largement du transport fluvial pour acheminer les produits agricoles, les denrées alimentaires et d’autres biens de première nécessité. Cette situation concerne notamment Kisangani, ainsi que les territoires d’Isangi, d’Opala, de Basoko, de Yahuma et d’Ubundu, dont les échanges commerciaux reposent en partie sur les voies navigables.

Pour Mateus Kanga Londimo, une restriction appliquée sans dispositif de remplacement risquerait d’entraîner des difficultés d’approvisionnement, des pénuries alimentaires et une hausse des prix des produits de première nécessité. Ces conséquences pourraient peser sur les activités commerciales et le quotidien des habitants, dans une province où le fleuve constitue un axe essentiel de mobilité et de desserte économique.

Un moratoire ou une transition de douze mois

Face à ces risques, le président de l’Assemblée provinciale demande au gouvernement de différer l’application de la mesure jusqu’à la mise en place de solutions de transport adaptées aux conditions de navigation locales. L’objectif est de concilier les impératifs de sécurité avec la continuité des échanges commerciaux et l’accès des populations aux biens essentiels.

À défaut d’un moratoire, il propose une période transitoire d’au moins douze mois, durant laquelle les baleinières en bois pourraient continuer à transporter des marchandises, sous réserve du respect strict des exigences techniques et des règles de sécurité applicables.

Cette proposition comporte toutefois une restriction majeure : le transport de passagers à bord de ces embarcations resterait formellement interdit pendant toute la période transitoire. Le dispositif envisagé vise ainsi à maintenir temporairement une partie du trafic commercial, tout en excluant le transport de personnes afin de limiter les risques humains.

Concilier sécurité fluviale et réalités locales

À travers cette démarche, Mateus Kanga Londimo invite les autorités nationales à tenir compte des particularités géographiques et économiques de la Tshopo dans la mise en œuvre de la mesure. Il plaide pour une transition permettant aux opérateurs du secteur de préparer le remplacement progressif des embarcations concernées par des moyens de transport plus sûrs, sans interrompre brutalement l’approvisionnement de la province.

La requête place ainsi le gouvernement devant un double impératif : renforcer la sécurité sur les voies navigables et prévenir les conséquences économiques et sociales d’une restriction appliquée sans alternatives immédiatement disponibles. La suite réservée à cette demande par le ministère des Transports déterminera les modalités de transition pour les opérateurs et les populations dépendantes du trafic fluvial.

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