La pression politique s’accentue au Parlement européen sur les acteurs de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Les eurodéputés belges Elio Di Rupo et Hilde Vautmans appellent l’Union européenne (UE) à sanctionner Joseph Kabila, les dirigeants de son mouvement et les responsables rwandais soutenant le M23. Ils réclament également le respect de l’accord de Washington de juin 2025, une vérification indépendante de ses engagements et un renforcement urgent de l’aide humanitaire aux populations civiles.
Les eurodéputés belges Elio Di Rupo et Hilde Vautmans ont appelé conjointement mardi l’Union européenne (UE) à imposer des sanctions ciblées contre les responsables de la déstabilisation dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), en citant notamment l’ancien président Joseph Kabila et les responsables rwandais accusés de soutenir le groupe armé M23, selon un communiqué relayé mercredi par l’agence Belga.
« Des sanctions ciblées contre les responsables de cette déstabilisation sont nécessaires, à commencer par Joseph Kabila et les dirigeants de son mouvement, mais aussi contre les responsables rwandais qui soutiennent le M23 », ont exhorté les deux élus.
L’ancien Premier ministre belge et sa collègue libérale flamande estiment que l’UE doit renforcer sa réponse politique et diplomatique face à la persistance des violences dans l’Est congolais. Ils appellent Bruxelles à sortir de son silence et à adopter des mesures concrètes contre les acteurs contribuant à la poursuite du conflit.
Les deux eurodéputés plaident également pour l’application intégrale des engagements de l’accord de Washington, conclu en juin 2025, ainsi que pour la mise en place d’un mécanisme de vérification indépendante permettant d’en contrôler le respect.
L’urgence humanitaire au cœur de l’appel
Au-delà des mesures coercitives, Elio Di Rupo et Hilde Vautmans insistent sur la nécessité de maintenir et d’amplifier l’assistance aux populations civiles affectées par les conflits armés. Ils évoquent une situation humanitaire particulièrement préoccupante, marquée par des déplacements massifs et une insécurité alimentaire persistante.
Selon les chiffres avancés dans leur communiqué, environ 18,5 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire en RDC, tandis que 26,5 millions sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë. Jusqu’à 6,4 millions de personnes seraient déplacées à l’intérieur du pays, selon les estimations des Nations unies citées par les élus.
L’Europe appelée à éviter le deux poids, deux mesures
Les deux représentants belges au Parlement européen appellent enfin à une mobilisation européenne cohérente face aux crises internationales. Ils estiment que l’attention légitimement accordée à la guerre en Ukraine ne doit pas reléguer au second plan les souffrances des populations congolaises.
« Face à une telle catastrophe, l’Europe ne peut détourner le regard », soulignent-ils, affirmant que « les vies congolaises ont la même valeur que les vies ukrainiennes ».
Leur démarche associe ainsi trois exigences : des sanctions ciblées contre les responsables de la déstabilisation, le respect vérifiable des engagements de Washington et une assistance humanitaire renforcée en faveur des civils affectés par les violences dans l’Est de la RDC.
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