Le parcours de Marie-Josée Kapinga Bondo témoigne d’une progression professionnelle construite sur l’expérience, la discipline et la persévérance. Secrétaire exécutive nationale adjointe de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), elle incarne une avancée dans la représentation des femmes au sein de cette institution chargée d’organiser les élections en République démocratique du Congo. Dans l’émission « LES EXCEPTION’ELLES » de Congo 26 TV, consacrée à son expérience, aux scrutins de 2028 et à Octobre Rose, elle revient sur les étapes de son ascension, les exigences de la préparation électorale et la nécessité de renforcer le leadership féminin. Son message est double : les responsabilités se gagnent par le travail et la compétence, tandis que la prévention sanitaire exige information, dépistage précoce et accès aux soins.
Entrée à la CENI en 2005 comme superviseure technique nationale, Marie-Josée Kapinga Bondo fait partie des 35 superviseurs retenus parmi 3.135 candidatures, aux côtés de 35 formateurs nationaux. Recrutée par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), elle participe alors à la formation des acteurs chargés de conduire les opérations électorales sur le terrain.
Licenciée en pédagogie appliquée, elle a d’abord exercé comme enseignante à l’école Loupio, avant de devenir directrice adjointe de la BNPS. Dans cette structure, elle s’est investie dans les actions sociales, notamment auprès des associations de femmes, des maraîchères et des éleveuses, qu’elle accompagnait dans l’amélioration de leurs activités.
Cette expérience pédagogique et sociale a contribué à façonner son approche du travail : former, transmettre et obtenir des résultats. Son parcours au sein de la centrale électorale a ensuite été marqué par ses missions de supervision, notamment dans l’ancienne province du Kasaï-Occidental, où la qualité de ses rapports sur les opérations d’enrôlement des électeurs a retenu l’attention de la hiérarchie.
Elle est ainsi devenue la première femme secrétaire exécutive provinciale depuis la création de la CENI, avant d’accéder aux fonctions de secrétaire exécutive nationale adjointe, où elle seconde le secrétaire exécutif national, Toto Mabiku.
Cette progression constitue un signal en faveur de la participation des femmes aux postes de décision. Elle s’inscrit également dans l’orientation défendue par le président de la CENI, Denis Kadima, en faveur d’une responsabilisation accrue des femmes au sein de l’institution.
Malu Malu et Kadima, deux héritages distincts
Interrogée sur son expérience auprès des présidents successifs de la CENI, l’abbé Apollinaire Malu Malu et Denis Kadima, Marie-Josée Kapinga Bondo refuse de les opposer. Elle estime que chacun a apporté une contribution particulière, en fonction de son époque et des circonstances dans lesquelles il a exercé ses responsabilités.
« Les deux sont des grands », affirme-t-elle, en soulignant que l’un a été un précurseur, tandis que l’autre s’est distingué par l’innovation.
Elle salue également l’initiative consistant à immortaliser l’œuvre de l’abbé Malu Malu, qu’elle considère comme l’un des acteurs ayant posé les bases des premières élections démocratiques du pays. Pour elle, la mémoire de ces personnalités permet de reconnaître le travail accompli dans un domaine essentiel à la vie institutionnelle congolaise.
Au-delà des personnes, son témoignage met en évidence la continuité du travail électoral et l’importance de capitaliser les expériences acquises au fil des cycles.
Élections de 2028 : la préparation dépend aussi des moyens
À l’approche des élections de 2028, la secrétaire exécutive nationale adjointe assure que la CENI poursuit ses préparatifs. Elle rappelle que les élections ne se limitent pas au jour du scrutin, mais reposent sur un processus qui exige planification, actualisation des procédures, adaptation du cadre légal et mobilisation des ressources.
« La CENI est prête. Nous sommes des opérationnels », déclare-t-elle, tout en précisant que la mise en œuvre de cette préparation dépend aussi de la contribution des autres parties prenantes, notamment du gouvernement.

