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Kinshasa
17 octobre, 2026 - 09:49:35
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Perquisitions en Belgique : Kinshasa en droit d’attendre des explications

L’indépendance de la justice doit être respectée. La présomption d’innocence et la dignité des institutions congolaises aussi. Une affaire aussi sensible appelle une communication rigoureuse sur la portée des investigations et, au moment approprié, sur leurs résultats.

Les perquisitions menées le 14 octobre 2026 en Belgique dans des résidences présentées comme liées à l’entourage familial de Félix Tshisekedi soulèvent une question qui dépasse le seul dossier judiciaire : comment enquêter sur des proches d’un président en exercice sans transformer une procédure pénale en procès médiatique du chef de l’État et de son pays ?

Selon les informations de Reuters citées dans cette affaire, le parquet fédéral belge a confirmé des opérations à Bruxelles et dans sa périphérie, dans une enquête pour blanchiment ouverte après des plaintes déposées en 2025. Il n’a cependant pas confirmé publiquement l’identité des personnes visées. Cette différence entre les informations officielles et les identifications rapportées dans la presse doit rester au centre de toute analyse sérieuse.

Selon les informations du Soir reprises par TV5MONDE, une villa à Uccle utilisée comme résidence secondaire par le couple présidentiel figure parmi les lieux perquisitionnés. Le même article, citant RFI, précise que Félix Tshisekedi n’est pas lui-même directement concerné par les perquisitions. Il serait donc prématuré de présenter cette affaire comme une procédure personnellement engagée contre le président congolais.

Cette précision n’atténue pas la sensibilité de l’événement. Elle empêche de lui faire dire davantage que ce que les faits permettent d’établir.

Une perquisition recherche des preuves ; elle ne prononce pas une culpabilité. Une plainte expose des accusations ; elle ne les démontre pas. La parenté avec un président ne prouve aucune infraction, pas davantage qu’elle ne dispense de répondre à des investigations légalement conduites.

La première responsabilité des autorités compétentes et des médias est donc de préserver ces distinctions.

La question des immunités mérite également mieux que des affirmations improvisées. La jurisprudence de la Cour internationale de Justice reconnaît aux chefs d’État en exercice une immunité de juridiction pénale et une inviolabilité devant les juridictions étrangères, destinées à protéger l’exercice de leurs fonctions. Ces protections doivent être prises au sérieux lorsqu’un acte d’autorité étrangère pourrait directement les contraindre.

Mais cette règle ne permet pas de conclure automatiquement que tout logement utilisé par un président, ou tout domicile de ses proches, serait soustrait à toute investigation. Pour apprécier la régularité de l’opération d’Uccle, il faudrait notamment connaître le statut juridique du lieu, les personnes effectivement visées, la portée du mandat et les éventuelles protections invoquées. Les éléments présentés publiquement dans cette affaire ne permettent pas, à eux seuls, de trancher ces questions.

Il faut donc demander des éclaircissements, sans annoncer prématurément une violation du droit international ni présumer que toutes les garanties ont nécessairement été respectées.

Entre la Belgique et la RDC, cette exigence de précision revêt une importance particulière. L’histoire coloniale donne aux gestes institutionnels une résonance que les deux pays ne peuvent ignorer. Une opération touchant un lieu associé au président congolais peut être ressentie comme une humiliation, même lorsque les magistrats poursuivent un objectif strictement judiciaire.

Ce ressenti mérite d’être entendu. Il ne suffit toutefois pas à démontrer une intention hostile de l’État belge.

Il serait tout aussi imprudent d’attribuer automatiquement une décision judiciaire au gouvernement belge. Une relation diplomatique responsable exige de distinguer l’action des magistrats, les déclarations politiques et les récits médiatiques. Confondre ces niveaux peut transformer une enquête en crise entre deux peuples.

La souveraineté congolaise doit être respectée ; l’indépendance judiciaire doit l’être également. La qualité de la relation bilatérale se mesurera à la capacité des deux États à faire tenir ensemble ces exigences.

C’est précisément pourquoi la communication importe.

La Belgique doit-elle immédiatement publier tout ce que les enquêteurs ont trouvé ? Une telle exigence serait excessive. Le secret de l’instruction protège les investigations, les personnes concernées et les droits de la défense. Il ne devrait cependant pas servir de justification générale à l’absence de toute