L’indifférence internationale face au drame congolais laissera une empreinte dans l’histoire, celle d’un peuple confronté à une tragédie prolongée, trop souvent reléguée au second plan des priorités diplomatiques. Alors que l’Est de la République démocratique du Congo demeure ravagé par des violences persistantes, des millions de personnes sont privées de sécurité, déplacées ou exposées à une insécurité alimentaire aiguë, dans un conflit qui dure depuis plus de trente ans. Pourtant, au milieu de ce silence international jugé désobligeant par de nombreux Congolais, des voix continuent de s’élever pour rappeler que la souffrance humaine ne saurait être hiérarchisée selon les intérêts géopolitiques. C’est le sens de l’interpellation des eurodéputés belges Elio Di Rupo et Hilde Vautmans, qui appellent l’Union européenne à sortir de sa réserve, à imposer des sanctions ciblées et à renforcer son engagement diplomatique et humanitaire. Leur prise de position revêt une portée qui dépasse la dénonciation : elle rappelle que l’histoire consigne aussi les responsabilités, les silences et les occasions manquées face aux drames humains. Leur réquisitoire vise également Joseph Kabila, ancien président congolais, après l’annonce de la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), présenté comme un mouvement politico-militaire incluant le M23. Cette initiative soulève de sérieuses interrogations sur les risques d’une nouvelle escalade et sur le choix de recourir à une dynamique associée à la lutte armée plutôt qu’aux voies politiques. Le Rwanda de Paul Kagame est, lui aussi, mis en cause par les deux parlementaires pour son soutien au M23 et appelé à respecter ses engagements de Washington, notamment concernant le désengagement de ses forces du territoire congolais. Au-delà des déclarations, les élus réclament des mesures concrètes contre les responsables présumés de la déstabilisation. Car l’avenir jugera aussi la capacité des puissances à défendre les principes qu’elles proclament, face à des logiques de conquête et de domination. Le peuple congolais ne peut être abandonné à la loi du plus fort, comme si la souveraineté des États et le droit des populations à vivre en paix appartenaient à un ordre ancien. Une certitude demeure au cœur de leur message : les vies congolaises ont la même valeur que les vies ukrainiennes, et la solidarité internationale ne peut être crédible si elle reste sélective.
Est de la RDC : « les vies congolaises ont la même valeur que les vies ukrainiennes. L’Europe doit sortir de son silence »
Communiqué de presse d’Elio Di Rupo (S&D) et Hilde Vautmans (Renew), députés européens belges
Le conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) dure depuis plus de trente ans. Alors que la catastrophe humanitaire s’aggrave et que Joseph Kabila prend la tête d’un nouveau mouvement politico-militaire incluant le M23, Elio Di Rupo et Hilde Vautmans appellent l’Union européenne à sortir de son silence, à adopter des sanctions ciblées contre les responsables de la déstabilisation et à renforcer son action diplomatique et humanitaire.
Une tragédie humaine qui ne peut plus être ignorée
Le conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo dure depuis plus de trente ans. Ses conséquences humaines sont dramatiques, et cette tragédie passe une nouvelle fois sous les radars. Environ 18,5 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire et 26,5 millions sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë. Selon les estimations des Nations unies, jusqu’à 6,4 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays. Le bilan cumulé des guerres au Congo depuis les années 1990 se chiffre en millions de morts.
Face à une telle catastrophe, l’Europe ne peut détourner le regard. Si la guerre en Ukraine mobilise légitimement notre attention, cela ne peut justifier un deux poids, deux mesures. Les vies congolaises ont la même valeur que les vies ukrainiennes. La solidarité européenne ne peut pas dépendre de la géographie des conflits ni de leur visibilité médiatique. Cette différence de traitement porte atteinte à la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale.
Joseph Kabila franchit un nouveau pas dans l’escalade
L’annonce par Joseph Kabila, ancien président de la RDC, de la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), un mouvement politico-militaire incluant le M23, constitue une nouv

