La Belgique hausse le ton face au rapprochement entre l’ancien président congolais Joseph Kabila et la rébellion du M23, désormais associés au sein du Front pour la refondation de la nation (FRN). Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, condamne sans équivoque cette alliance, jugeant « déplorable, incompréhensible et inacceptable » le choix de l’ex-chef de l’État de prendre la tête d’un mouvement politico-militaire susceptible de chercher à conquérir le pouvoir par les armes plutôt que par les voies démocratiques. Qualifiant cette démarche de « profondément illégitime », le chef de la diplomatie belge souligne le contraste entre l’expérience institutionnelle de Joseph Kabila, ancien président de la République, et son engagement à la direction d’une organisation politico-militaire intégrant le M23. Si Bruxelles estime que cette recomposition ne constitue pas une surprise au regard des contacts antérieurs entre l’ancien dirigeant et la rébellion, elle affirme suivre de près ses conséquences sur le terrain. La Belgique réitère parallèlement son attachement à une solution négociée, à travers les processus de Doha et de Washington, ainsi qu’aux efforts de médiation conduits par l’Union africaine, dans un contexte où la poursuite du conflit dans l’est de la RDC maintient la sécurité régionale au centre des préoccupations diplomatiques.
Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a fermement condamné mercredi l’alliance entre Joseph Kabila et le mouvement rebelle M23, désormais intégré au Front pour la refondation de la nation (FRN), une nouvelle coalition politico-militaire annoncée à Goma le 12 octobre.
« Il s’agit d’un développement très préoccupant que je condamne sans la moindre équivoque », a déclaré le chef de la diplomatie belge. Il a notamment critiqué la décision de l’ancien président congolais, au pouvoir de 2001 à 2019, de prendre la direction d’une structure associant des responsables politiques et militaires issus de l’ancienne coalition AFC/M23.
« Que Joseph Kabila, un ancien chef d’État qui a lui-même été confronté aux ravages des rébellions armées, fasse le choix de prendre la tête d’un mouvement politico-militaire qui entend parvenir au pouvoir par les armes plutôt que par les voies démocratiques est à la fois déplorable, incompréhensible et inacceptable », a-t-il affirmé.
Maxime Prévot a qualifié cette démarche de « profondément illégitime », soulignant la contradiction qu’il voit entre l’expérience institutionnelle de l’ancien chef de l’État et son engagement à la tête d’une organisation politico-militaire.
Pour les autorités belges, cette recomposition ne constitue pas une surprise totale. Selon Maxime Prévot, les contacts entretenus auparavant par Joseph Kabila avec les responsables du mouvement rebelle avaient déjà attiré l’attention de Bruxelles. La diplomatie belge affirme suivre la situation de près, tout en indiquant qu’aucun changement fondamental n’a, à ce stade, été constaté sur le terrain.
L’annonce du FRN marque néanmoins une évolution politique importante : Joseph Kabila assume désormais publiquement la direction d’une structure qui succède à l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et rassemble des figures de l’ancienne coalition, dont Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa et Sultani Makenga.
Cette nouvelle configuration soulève des interrogations sur les rapports entre la direction politique du mouvement et son commandement militaire, ainsi que sur ses conséquences pour les négociations visant à mettre fin au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo.
Doha et Washington restent les voies privilégiées
Malgré ses réserves, la Belgique maintient son soutien aux efforts diplomatiques engagés pour résoudre le conflit. Maxime Prévot a réaffirmé la préférence de son pays pour le dialogue, en particulier à travers les processus de Doha, sous médiation qatarienne, et de Washington, soutenu par les États-Unis.
Le ministre belge a également salué les déplacements récents des cofacilitateurs de l’Union africaine à Kinshasa, Goma et Kigali, destinés à contribuer aux efforts de médiation. Des réunions annoncées pour le mois suivant doivent permettre de poursuivre les démarches en faveur d’une solution politique.
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