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25 octobre, 2026 - 21:03:30
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France : attaque raciste à Trappes

Mpengo Bossio Wangi, 26 ans, a été abattu à l’arme automatique depuis une voiture, victime d’un attentat terroriste, vendredi 23 octobre, à Trappes, dans les Yvelines. Originaire de la République Démocratique du Congo (RDC), il était considéré comme un grand espoir du MMA (Mixed Martial Arts ou arts martiaux mixtes, un sport de combat de percussion-préhension qui combine des techniques issues de nombreuses disciplines). Une perle s’en est allée.  

Depuis soixante-douze heures, de nombreux hommages lui sont rendus et son visage revient en boucle sur les réseaux sociaux. Il s’appelle Mpengo Bosso Wangi atteint par les balles tirées en rafale par un individu circulant à bord d’une Renault Clio gris clair qui a été interpellé après son parcours macabre.

Mpengo Bosso Wangi a succombé à ses blessures. Il est mort au niveau du square Louis-Pergaud à Trappes, à l’endroit même où il avait été touché. Le tireur a fait par la suite cinq autres blessés, dont une fillette de 12 ans, visés également sur la commune voisine de La Verrière. Ils ont été hospitalisés en urgence et leur état de santé n’était pas stabilisé, dimanche 25 octobre, et l’enfant de 12 ans était toujours en urgence absolue, selon le Parquet national antiterroriste (PNAT) qui s’est saisi des faits.

Après ce crime odieux, le profil du défunt commence à émerger dans la presse.

Souriant, respectueux, généreux…

Né le 12 septembre 2000 à Poissy, Mpengo Bosso Wangi a grandi dans le département des Yvelines. Il avait étudié au collège Gustave Courbet de Trappes, notamment.

Combattant amateur de MMA, le jeune homme, âgé de 26 ans, a beaucoup fréquenté l’Atch Academy d’ Aubervilliers (département de la Seine-Saint-Denis en région Île-de-France). « C’est avec une immense tristesse et une profonde stupeur que la famille Atch Academy a appris la disparition de Mpengo, tombé aujourd’hui à Trappes dans l’attaque qui a frappé notre pays », a posté le club sur Instagram.

« Mpengo faisait partie des nôtres. Sur les tapis comme en dehors, il était de ceux qui donnent l’exemple : présent, respectueux, toujours prêt à pousser les autres vers le haut. Son sourire, son énergie et sa générosité resteront gravés dans nos murs et dans nos cœurs. Aujourd’hui, les mots manquent. Rien ne justifie qu’une vie soit arrachée ainsi. Toutes nos pensées vont à sa famille, à ses proches, à ses amis et à toutes les victimes de cette attaque. Le club se tient à leurs côtés et leur adresse ses plus sincères condoléances. Repose en paix Mpengo. Tu ne seras jamais oublié », peut-on y lire encore.

Tué en raison de sa couleur de peau

En visite dans la ville de Trappes, vendredi soir, le président de la République, Emmanuel Macron, a parlé d’un « tournant », « parce que c’est la première fois qu’il y’a un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, en raison de leur couleur de peau ou de la religion qu’on leur donne ».

Le suspect « a épargné des gens en raison de leur peau (…) et il a assumé son acte », a ajouté le chef de l’État, dénonçant un attentat terroriste, raciste. Dans un post dans la soirée, il a rappelé que « Monsieur Mpengo Bosso Wangi a perdu la vie » dans ce drame.

Le racisme tue, comme dirait la secrétaire nationale du parti politique Les écologistes, conseillère régionale des Hauts-de-France et candidate à l’élection présidentielle, Marine Tondelier, en colère, au lendemain de cette attaque terroriste dans les Yvelines.

Le maire de Trappes, Rabeh, a dénoncé un « attentat, à connotation raciste, probablement islamophobe », précisant que parmi les victimes, « la personne décédée est d’origine africaine et la personne en urgence absolue est d’origine maghrébine ».

Le tueur présumé face aux enquêteurs

Le suspect, un Français de 39 ans prénommé Kévin T., a été placé en garde à vue, samedi matin, notamment pour « assassinat » et « tentatives d’assassinat », les deux « en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis en raison de l’appartenance vraie ou supposée, à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée ». Il est en effet soupçonné d’avoir voulu s’en prendre à des personnes issues de l’immigration.

Son casier judiciaire porte la trace de quatre condamnations pour des faits de droit commun. Dans sa voiture, au moment de son interpellation, les policiers ont découvert un pistolet de type Sten (qui se caractérise surtout par sa simplicité de fonctionnement), une bombe lacrymogène et de la cocaïne. Des bonbonnes de gaz ont été découvertes à son domicile.

Sa garde à vue, qui peut durer jusqu’à 96 heures, a été renouvelée, samedi matin, « après une première audition », a fait savoir le PNAT, samedi midi. « Une analyse de sang destinée à permettre de déterminer son imprégnation toxicologique est toujours en cours », a-t-il ajouté.

« Trois mesures de garde à vue ont été prises, hier soir (ndlr : vendredi soir), et dans la nuit, parmi les membres de son entourage familial et amical », a informé également le PNAT.

Des responsabilités administratives ? 

La famille de Mpengo Bossio Wangi se demande si les autorités avaient, ou non, mis en place « un suivi » de Kévin T., tireur présumé, a priori « détenteur d’armes de guerre » et « déjà connu des services de police et de la justice », a indiqué Me Yassine Bouzrou, son avocat. Ce dernier n’exclut pas de « rechercher toute responsabilité administrative ».

« La famille demande que soient déterminées avec précision les conditions dans lesquelles cet individu n’a fait l’objet d’aucun signalement préventif », a expliqué Me Yassine Bouzrou, dans un communiqué. « Elle demande la communication de l’ensemble des éléments relatifs au suivi, ou à l’absence de suivi (…) et se réserve le droit de rechercher toute responsabilité administrative susceptible d’être engagée à raison d’une défaillance établie », a-t-il ajouté.

La responsabilité de l’extrême droite engagée

La haine raciste et islamophobe tue des Français, en France. C’est l’apanage de l’extrême droite. Les mots ont des conséquences. Lorsque des responsables politiques désignent régulièrement certains Français, issus de l’immigration, comme des menaces ou les présentent comme étrangers à la nation, mesurent-ils la portée de leurs discours ? Savent-ils que, pour certains, ces paroles peuvent légitimer l’hostilité à leur égard et parfois, à en faire des cibles ?

La stratégie de stigmatisation du Rassemblement national, RN, parti présidé par le député européen, Jordan Bardella, de Reconquête ! (parti présidé par Éric Zemmour soutenu activement par la députée européenne, Sarah Knafo), Identité Libertés (parti présidé par la députée européenne, Marion Maréchal) et consorts, en faisant des personnes immigrées, des musulmans ou des personnes perçues comme étrangères des boucs émissaires, joue un rôle indéniable dans le passage à l’acte de ces agents de la haine.

C’est un secret de polichinelle que l’extrême droite développe un discours raciste. L’idéologie de l’extrême droite, lorsqu’elle s’exprime à travers des propos racistes, islamophobes, xénophobes ou antisémites, repose généralement sur une vision du monde centrée sur l’exclusion, la hiérarchisation des identités et la désignation de boucs émissaires. Elle est le fondement de l’acte posé par Kevin T à Trappes. La lutte contre l’extrême droite et ses idées doit être au cœur du combat de tous les Français.

N’en déplaise aux aboyeurs de l’extrême droite : l’immigré a toute sa place dans cette nouvelle France (métissée) qui se construit. Elle se fera avec lui.

Robert Kongo, correspondant en France

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