79.18 F
Kinshasa
25 octobre, 2026 - 22:01:11
Image default
Flash InfosForumLa unePolitique

TRIBUNE | Rubaya : sécuriser le PE 76 (360 carrés) pour concrétiser le partenariat RDC–USA

Washington a fait sa part, à Kinshasa de faire la sienne. L’engagement américain en faveur de la paix doit trouver son prolongement dans une action congolaise cohérente. À Rubaya, la clarification juridique du PE 76 et sa traduction dans le registre du Cadastre minier peuvent renforcer la confiance des investisseurs et préparer une présentation crédible dans le cadre du partenariat bilatéral.

Le partenariat entre la République démocratique du Congo et les États-Unis appelle une cohérence entre engagements diplomatiques, décisions publiques et perspectives économiques. Washington a pris des mesures contre des acteurs qu’il accuse de contribuer à la déstabilisation de l’est congolais. Kinshasa doit, de son côté, mobiliser ses institutions pour préparer des projets juridiquement solides, transparents et susceptibles de bénéficier durablement au pays.

Rubaya : un test important

L’intérêt stratégique de ses minerais, dits critiques, attire l’attention internationale. Mais cet intérêt doit pouvoir s’appuyer sur un actif dont les droits, le périmètre et les conditions de valorisation sont clairement établis.

Les États-Unis ont posé des actes concrets. Le 2 mars 2026, ils ont sanctionné les Forces de défense rwandaises (RDF) et plusieurs responsables militaires pour leur rôle dans le conflit en RDC. Le 30 avril, le Trésor américain a également sanctionné Joseph Kabila, l’accusant de soutenir le M23 et l’Alliance Fleuve Congo. Ces mesures traduisent une volonté de pression sur les acteurs désignés comme des obstacles au processus de paix. Les faits ont depuis lors conforté cette lecture : le 12 octobre 2026, à Goma, Joseph Kabila a pris la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), présenté comme le successeur de l’AFC/M23.

Bien que ces sanctions soient nécessaires et produisent, d’une manière ou d’une autre, des effets, elles ne suffisent pas pour autant à elles seules à garantir la paix ou l’investissement. Elles constituent néanmoins un signal tangible de l’engagement américain dans la dynamique diplomatique qui accompagne le rapprochement RDC–États-Unis. La réponse congolaise est des plus attendues et doit comporter la même exigence de résultats sur les leviers qui relèvent directement de ses institutions.

Le gouvernement a réactivé récemment la Task Force en prévision de la prochaine réunion avec la partie américaine. Il sera, entre autres, question de passer au scanner la liste des actifs présentés autrefois par la partie congolaise et de voir concrètement la possibilité de mise en œuvre du partenariat stratégique entre les deux pays. Et parmi ces actifs, le dossier Rubaya serait parmi les plus en vue du côté états-unien. Toutefois, une certaine inquiétude, sur fond de sécurité juridique, planerait sur l’une des plus grandes mines de coltan au monde.

Cette incertitude n’a pas échappé à la presse internationale. En octobre 2025, Bloomberg titrait qu’une décision de justice congolaise sur Rubaya risquait d’entraver les objectifs de Donald Trump en matière de minerais critiques ; le site spécialisé Discovery Alert y voyait une source de confusion majeure pour la stratégie américaine. En février 2026, on pouvait lire dans les colonnes de Reuters que le titre minier de Rubaya est entre les mains d’un acteur privé, et non de l’État, et qu’un futur contentieux prouverait que le président Félix Tshisekedi « ne contrôle pas tous les sites miniers ». En mars 2026, Bankable soulignait à son tour que l’insécurité et les litiges sur la titularité compliquaient le développement de la mine. L’incertitude juridique est ainsi déjà retournée contre l’État congolais par la rébellion elle-même.

Le permis d’exploitation PE 76 au centre de la question

Des publications accessibles au