Il est des projets qui engagent bien plus que des milliards. Ils engagent le destin d’une nation. Grand Inga appartient à cette catégorie. La réunion inaugurale, à Paris, du Comité de coordination et de gouvernance de ce mégaprojet hydroélectrique marque une étape encourageante. La République démocratique du Congo et les États-Unis donnent une traduction institutionnelle à leur partenariat stratégique. C’est un signal positif. Il mérite d’être salué, sans triomphalisme, mais avec ambition.
Pendant trop longtemps, l’immense potentiel hydroélectrique congolais est resté prisonnier des annonces, des études et des promesses. Le pays dispose d’un atout exceptionnel. Il lui faut désormais le convertir en puissance économique. L’initiative engagée avec Washington, avec la participation de la Banque mondiale, offre une occasion de sortir de cette impasse. Elle ne garantit pas encore le succès. Elle crée néanmoins un cadre pour avancer.
L’enjeu dépasse largement les turbines et les barrages. Une électricité abondante, fiable et accessible peut changer la trajectoire de la RDC. Elle peut soutenir l’industrialisation, stimuler la transformation locale des minerais, réduire les contraintes qui pèsent sur les entreprises et favoriser la création d’emplois. Elle peut aussi améliorer le quotidien de millions de Congolais privés d’un accès régulier à l’énergie. À l’échelle africaine, Grand Inga pourrait contribuer à renforcer les échanges électriques et à répondre à une demande croissante.
Mais l’ambition doit s’accompagner de rigueur. La gouvernance, la transparence financière, la maîtrise des coûts et le respect des engagements seront décisifs. Les populations congolaises doivent être les premières bénéficiaires de cette infrastructure. Aucun partenariat ne saurait justifier l’opacité ni reléguer les intérêts nationaux au second plan.
Kinshasa doit donc maintenir le cap, accélérer les préparatifs et exiger des résultats vérifiables. Washington doit traduire son engagement stratégique en coopération durable et en financements crédibles. Les partenaires internationaux ont, eux aussi, un rôle à jouer.
Grand Inga n’est plus seulement une promesse énergétique. Il doit devenir un projet de souveraineté, de prospérité et de rayonnement continental. La RDC a raison d’y croire. Elle doit maintenant tout mettre en œuvre pour le réaliser.
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