91.78 F
Kinshasa
27 octobre, 2026 - 17:39:10
Image default
Flash InfosInternationalLa uneSociété

Rwanda : TV5MONDE dévoilait, le 7 avril 2026, les zones d’ombre du modèle économique de Kigali

Derrière la croissance spectaculaire du Rwanda, le commerce des minerais congolais soulève de graves questions. Dans son émission « 64’ Éco », diffusée le 7 avril 2026, TV5MONDE examinait les ressorts de cette performance économique. Les accusations de contrebande ne relèvent pas de simples soupçons isolés : des rapports des Nations unies et des mesures américaines documentent des circuits d’approvisionnement illicites reliant l’est de la République démocratique du Congo (RDC) au marché rwandais. 

Le Rwanda affiche des performances macroéconomiques remarquables. Son produit intérieur brut (PIB), inférieur à deux milliards de dollars en 1993, a atteint environ 14 milliards en 2024, année marquée par une croissance de 8,9 %, selon les données présentées dans l’émission « 64’ Éco » de TV5MONDE, diffusée le 7 avril 2026.

Mais ces indicateurs ne suffisent pas à expliquer l’ensemble des ressorts de cette progression. Le secteur minier, notamment le coltan, l’étain, le tungstène et l’or, place Kigali au centre d’une controverse régionale : celle de l’origine réelle des minerais exportés et de leur traçabilité.

Le reportage évoque notamment l’affirmation selon laquelle 90 % du coltan, de l’étain et du tungstène exportés par le Rwanda proviendraient illicitement de la RDC. Des constats précis ont été établis par les enquêtes internationales, qui documentent des filières de contrebande en lien à des exportations rwandaises.

Dans son rapport de décembre 2024, le Groupe d’experts des Nations unies sur la RDC a signalé que jusqu’à 150 tonnes de coltan provenant de la zone minière de Rubaya avaient été introduites chaque mois au Rwanda, avant d’être mélangées à la production locale et réexportées.

Le rapport final publié en juillet 2025 a également décrit la poursuite de la contrebande de minerais issus de zones du Nord-Kivu contrôlées par l’AFC/M23. Ces pratiques compromettent la traçabilité et permettent de présenter des minerais congolais comme étant d’origine rwandaise.

Les États-Unis avaient, dès juillet 2024, dénoncé les risques liés aux chaînes d’approvisionnement transitant par le Rwanda et l’Ouganda. Washington relevait que ces circuits pouvaient contribuer au financement des groupes armés et s’accompagner de violations des droits humains.

Une prospérité confrontée à ses responsabilités

Les revenus miniers rwandais, évalués à 1,7 milliard de dollars dans les données présentées par TV5MONDE, illustrent l’importance stratégique de ce secteur.

En juin 2026, le Trésor américain a sanctionné une raffinerie d’or rwandaise et un réseau accusés de faciliter le trafic de minerais de l’est de la RDC en coordination avec le M23. Cette décision donne une nouvelle portée aux exigences de traçabilité et de contrôle des exportations.

Pour Kinshasa, l’enjeu dépasse les statistiques de croissance. Il concerne la protection des ressources nationales, le financement de la guerre et les souffrances des populations de l’Est. Une performance économique ne saurait être dissociée de l’origine des richesses qui l’alimentent. La transparence minière, la traçabilité vérifiable et la lutte contre les réseaux de contrebande doivent désormais produire des résultats concrets.

Infos27

ça peut vous intéresser

Laisser un Commentaire

Infos27.CD utilise des cookies pour améliorer votre expérience utilisateur. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En Savoir Plus