La coopération entre Kinshasa et Moscou doit produire des résultats concrets, sans compromis sur la souveraineté de la République démocratique du Congo (RDC). À la tribune du troisième sommet Russie-Afrique, jeudi 29 octobre à Moscou, le président Félix-Antoine Tshisekedi a plaidé pour un partenariat axé sur la sécurité, l’emploi, l’industrialisation et le transfert de technologies. Face à Vladimir Poutine, le chef de l’État congolais a également sollicité le soutien de la Russie, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, à l’application des résolutions relatives à la crise dans l’Est congolais. Il a notamment exigé la cessation des hostilités, le retrait du M23 des zones occupées et la fin du soutien militaire rwandais à ce mouvement. Défendant une diplomatie fondée sur la diversification des partenariats, Félix Tshisekedi a insisté sur le respect de l’intégrité territoriale et la mise en œuvre vérifiable des engagements de paix. Un entretien bilatéral avec le président russe est annoncé pour vendredi 30 octobre, avec en perspective le renforcement des relations économiques et diplomatiques entre les deux pays.
La République démocratique du Congo entend faire de son rapprochement avec la Fédération de Russie un levier de développement économique et de consolidation de la paix.
Prenant la parole jeudi en session plénière au centre d’exposition Gostiny Dvor, à Moscou, dans le cadre du troisième sommet Russie-Afrique, le président Félix-Antoine Tshisekedi a défendu une coopération fondée sur la souveraineté des États, la réciprocité et des engagements mesurables.
Kinshasa sollicite le soutien de Moscou sur la crise sécuritaire
Devant ses homologues africains et le président russe Vladimir Poutine, le chef de l’État congolais a rappelé que la diversification des partenariats internationaux ne signifiait pas un alignement politique.
« Pour nous, diversifier nos partenariats n’est pas choisir un camp, c’est renforcer notre liberté de décision au service de nos populations », a-t-il déclaré.
Cette position a notamment pris une dimension sécuritaire lorsque Félix Tshisekedi a évoqué la situation dans l’Est de la RDC, où les affrontements armés continuent de menacer les populations et de compromettre les perspectives de développement. Il a appelé à une application effective des résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité des Nations unies, en insistant sur la cessation des hostilités, le retrait du M23 des zones occupées et la fin du soutien des forces de défense rwandaises à ce mouvement.
Le président congolais a également exhorté Moscou à soutenir pleinement ces exigences, rappelant que les résolutions concernées avaient été adoptées à l’unanimité par le Conseil de sécurité, dont la Russie est membre permanent.
« Les avancées enregistrées ces derniers mois ne vaudront que par leur mise en œuvre effective et vérifiable sur le terrain », a-t-il souligné, en référence aux processus diplomatiques de Washington et de Doha, ainsi qu’à la médiation de l’Union africaine.
Énergie, infrastructures et transformation locale au cœur des priorités
Au-delà des enjeux sécuritaires, Félix Tshisekedi a présenté les secteurs dans lesquels Kinshasa souhaite approfondir ses relations avec Moscou. L’énergie, les infrastructures, la transformation locale des minerais, l’agriculture et l’accès aux engrais figurent parmi les priorités évoquées.
Le chef de l’État a notamment insisté sur la valorisation du potentiel hydroélectrique congolais, l’exploration du nucléaire civil et le renforcement des capacités industrielles nationales.
Il a proposé que les ministres identifient, pour chaque pays, un nombre limité de projets prioritaires, assortis de financements clairement établis, de calendriers réalistes et d’un mécanisme de suivi régulier.
« C’est à leurs effets, sur la vie quotidienne de nos populations, que se mesurera la réussite de notre partenariat », a-t-il affirmé.
Cette approche vise à orienter la coopération russo-congolaise vers des réalisations concrètes, notamment en matière de création d’emplois, de formation professionnelle et de transfert de technologies.
Réforme de l’ONU et dialogue bilatéral en perspective
Le président congolais a également plaidé pour une représentation plus équitable de l’Afrique au Conseil de sécurité des Nations unies. Il a appelé à une réforme corrigeant ce qu’il a qualifié d’« injustice historique » envers le continent, conformément aux positions africaines communes.
Dans sa réponse, Vladimir Poutine a reconnu l’importance des préoccupations soulevées par son homologue, notamment sur le lien entre sécurité et développement.
Un entretien en tête-à-tête entre Félix Tshisekedi et Vladimir Poutine est annoncé vendredi 30 octobre. Cette rencontre doit permettre aux deux dirigeants d’examiner les perspectives de renforcement de leurs relations bilatérales.
Pour Kinshasa, l’enjeu consiste à traduire les déclarations politiques du sommet en accords opérationnels, tout en maintenant la souveraineté nationale et la recherche d’une paix durable au cœur de sa diplomatie.
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