Dans sa tribune « C64 : Un lapsus révélateur », Steve Mbikayi met en cause la posture de médiation revendiquée par cette plateforme politique entre le président Félix Tshisekedi et la rébellion. Il estime que la guerre dans l’Est oppose les institutions légitimes aux forces qui attaquent la République et juge incompatible la neutralité d’un médiateur avec la défense de la souveraineté nationale. L’auteur invite ainsi la C64 à choisir entre une participation officielle à la facilitation et un soutien au chef de l’État face à l’agression, sans renoncer au droit de contester sa politique.
Tribune de Steve Mbikayi
C64 : Un lapsus révélateur
Carte blanche n° 334
En s’érigeant en médiatrice entre le président de la République et la rébellion, la C64 a peut-être, sans le vouloir, avoué l’essentiel : elle ne se considère pas comme partie au conflit. Sur ce point, elle a raison. Ce conflit n’est pas politique, il est militaire. Il oppose les agresseurs de la République aux institutions légitimes du pays.
Mais un médiateur se tient à égale distance des deux camps. Or, entre la République et ceux qui l’attaquent, aucun patriote ne peut se tenir à égale distance. Prétendre le faire relève d’une aporie, c’est-à-dire d’une impasse logique que la rhétorique de la neutralité habille parfois d’un raisonnement captieux.
La C64 doit donc choisir. Soit elle demande officiellement à rejoindre l’équipe de facilitation, avec la neutralité qu’impose ce rôle. Soit elle se range derrière le président de la République, qui incarne la légalité républicaine.
Lorsque la souveraineté nationale est en péril, se ranger aux côtés du chef de l’État face à la guerre d’agression ne signifie nullement renoncer à combattre sa politique. C’est distinguer le désaccord politique du devoir patriotique, la défense de la Nation des ambitions partisanes. On peut contester les choix d’un gouvernement sans se tromper de combat lorsque l’intégrité du territoire est en jeu.

