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Kinshasa
30 octobre, 2026 - 14:25:22
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Interview exclusive | Éric Kamba : « La violence ne peut plus devenir un raccourci vers le pouvoir »

La crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo impose de clarifier les responsabilités politiques et de réaffirmer les principes républicains. Dans un entretien accordé à Infos27, Éric Kamba, géostratège et chercheur en relations internationales, appelle à défendre la souveraineté nationale, à condamner sans ambiguïté le recours aux armes et à garantir que le dialogue national ne serve ni de raccourci vers le pouvoir ni de mécanisme d’effacement des responsabilités judiciaires.

Face à l’agression rwandaise, quelles réponses stratégiques la RDC doit-elle apporter ?

La RDC doit apporter une réponse globale, avec un objectif précis : protéger les populations et rétablir durablement l’autorité de l’État. La dimension extérieure du conflit est documentée. La résolution 2773 du Conseil de sécurité demande aux forces rwandaises de cesser leur soutien au M23 et de se retirer immédiatement du territoire congolais, sans conditions préalables. Notre diplomatie doit s’appuyer sur cette exigence pour en obtenir l’application.

Sur le plan sécuritaire, il faut reconstruire la capacité de l’État à défendre le territoire : une chaîne de commandement cohérente, des militaires régulièrement payés, une logistique fiable, un renseignement professionnel et un contrôle rigoureux des dépenses de défense. L’argent destiné au soldat doit parvenir au soldat. Les détournements dans ce secteur compromettent directement la sécurité nationale.

Concernant les complicités internes présumées, il faut enquêter sur des faits : financements, livraisons, transmissions d’informations et responsabilités individuelles. Nous devons démanteler les réseaux effectivement établis par les investigations, avec des procédures judiciaires crédibles. Une accusation de complicité ne doit jamais servir à régler un différend politique ou à stigmatiser une communauté.

Enfin, restaurer l’État signifie faire revenir, avec la sécurité, la justice, l’administration, les écoles et les services de santé. Les déplacés doivent pouvoir rentrer volontairement, dans la dignité et en sécurité. La souveraineté devient concrète lorsque les citoyens peuvent vivre chez eux sans subir la terreur d’un groupe armé.

2. Comment comprendre le positionnement de Joseph Kabila et quelles responsabilités doivent être établies ?

Après dix-huit années à la tête du pays, Joseph Kabila porte une responsabilité particulière envers la République. Avoir exercé la fonction présidentielle devrait renforcer le devoir de préserver les institutions et les populations. Aucun désaccord avec son successeur ne justifie le soutien à une entreprise armée.

Il existe des éléments institutionnels graves qu’il faut rappeler avec précision. Le 30 septembre 2025, la Haute Cour militaire l’a condamné par contumace, notamment pour trahison et participation à un mouvement insurrectionnel. Le 30 avril 2026, le Trésor américain l’a sanctionné pour le soutien qu’il lui attribue au M23 et à l’AFC. Une décision judiciaire congolaise et une sanction administrative américaine sont de nature différente ; il faut respecter cette distinction. (monusco.unmissions.org⁠, home.

Mon analyse politique est la suivante : lorsqu’une dynamique politico-militaire vise à renverser les institutions, la question d’une reconquête du pouvoir par les armes se pose clairement. Mais l’intention personnelle, les financements et les responsabilités dans les crimes doivent être appréciés à partir de preuve