La guerre imposée à la République démocratique du Congo continue de provoquer des déplacements forcés de populations dans l’Est du pays. Depuis le 30 octobre, les éléments du M23, supplétifs de l’armée rwandaise, déportent les habitants de Katogota, dans le territoire d’Uvira, au Sud-Kivu. Le gouvernement provincial condamne fermement ces actes, les qualifie de nouveaux crimes de guerre et exige l’arrêt immédiat des déportations, le retour des familles dans leurs foyers ainsi que le retrait des forces rwandaises du territoire national.
La population civile de Katogota est une nouvelle fois victime de la violence armée dans l’Est de la République démocratique du Congo. Depuis la soirée du vendredi 30 octobre, les éléments du M23, supplétifs de l’armée rwandaise, contraignent les habitants de cette localité du groupement d’Itara-Luvungi, en territoire d’Uvira, à abandonner leurs maisons, leurs terres et leurs biens. Dans un communiqué officiel publié le 31 octobre à Uvira, le gouvernement provincial du Sud-Kivu condamne avec la plus grande fermeté ces déportations forcées, qu’il considère comme un nouveau crime de guerre dans le cadre de l’agression rwandaise contre la RDC.
Ces déplacements viennent aggraver la situation humanitaire dans la plaine de la Ruzizi, déjà éprouvée par les vagues successives de populations chassées de leurs milieux de vie. Les familles de Katogota rejoignent ainsi des milliers d’autres civils contraints de fuir les violences et de renoncer à leurs moyens de subsistance.
Le souvenir douloureux du massacre de 2000
La nouvelle tragédie prend une dimension historique particulièrement lourde. Katogota reste marquée par le massacre du 14 mai 2000, au cours duquel des troupes rwandaises et leurs supplétifs avaient tué des centaines de civils. Les familles continuent d’honorer la mémoire des 375 victimes recensées.
« Vingt-six ans plus tard, sur la même terre, le nom des supplétifs a changé et l’agression demeure », souligne le gouvernement provincial. Une référence qui inscrit les violences actuelles dans la continuité des souffrances imposées aux populations de cette partie du Sud-Kivu.
L’exécutif provincial rappelle également les conclusions des experts des Nations unies, dans leur rapport du 30 décembre 2025, concernant les expulsions de civils de leurs terres dans les zones occupées par l’AFC/M23 au Nord-Kivu. Il évoque aussi les dénonciations de Human Rights Watch, en juin 2025, sur les transferts forcés de populations de Sake vers Goma, puis vers le Rwanda.
La RDC exige des mesures internationales
Sur le plan juridique, le gouvernement provincial invoque l’article 49 de la quatrième Convention de Genève, qui interdit les transferts forcés et les déportations de populations civiles depuis un territoire occupé, sauf exceptions strictement encadrées. Il rappelle également que le Statut de Rome qualifie ces actes de crimes de guerre et, lorsqu’ils s’inscrivent dans une attaque généralisée ou systématique contre des civils, de crimes contre l’humanité.
Face à ces violations, la province exige l’arrêt immédiat des déportations et le retour libre, sûr et digne des familles dans leurs foyers. Elle réclame, conformément à la résolution 2773 du Conseil de sécurité, le retrait immédiat et sans condition des forces rwandaises ainsi que le démantèlement des administrations parallèles installées dans les territoires occupés.
Les Nations unies et les organisations humanitaires sont appelées à porter assistance aux déplacés. Les mécanismes d’enquête du Conseil des droits de l’homme et le Bureau du procureur de la Cour pénale internationale sont, pour leur part, invités à intégrer les faits de Katogota dans leurs investigations afin que les exécutants et les commanditaires répondent de leurs actes.
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