Jean-Aimé Mbiya Bondo Shabanza, Vice-Président fédéral et Représentant Adjoint en charge de la Politique et de la Diplomatie au sein de l’UDPS/Tshisekedi, livre dans cette entrevue une analyse sans concession de la situation socio-économique de la République Démocratique du Congo. Malgré des chiffres de croissance flatteurs, il dénonce un modèle économique obsolète, un pays pris au piège d’une crise structurelle qui engendre la pauvreté. Il prône une rupture radicale avec ce système, en appelant à un développement endogène basé sur la diversification économique et la valorisation des ressources naturelles, tout en insistant sur la nécessité d’une gouvernance plus juste et transparente. Concernant les embouteillages à Kinshasa, Mbiya propose des solutions concrètes et radicales pour améliorer la mobilité urbaine. Il évoque également les opérations « Ndobo » et « Zéro Kuluna », tout en soulignant leur insuffisance face à l’ampleur du banditisme urbain. Sur la question de l’agression rwandaise et de la réforme constitutionnelle, il adopte une position ferme et appelle à une révision de la Constitution pour permettre une gouvernance plus inclusive et moderne, conforme aux aspirations profondes du peuple congolais.
Interview exclusive
Quelles ont été les motivations profondes qui vous ont conduit à embrasser la politique ?
Mon engagement en politique trouve ses racines dans un profond désir de transformation pour la République Démocratique du Congo. Depuis ma jeunesse, j’ai été témoin des difficultés auxquelles nos populations sont confrontées : la pauvreté, la mauvaise gouvernance, et les conflits interminables. Ces réalités m’ont conduit à comprendre que la politique n’est pas simplement un domaine de gestion des affaires publiques, mais un véritable levier de changement. C’est un outil puissant pour instaurer la justice sociale, garantir l’accès équitable aux ressources et construire une société prospère et harmonieuse.
La politique, pour moi, est un espace d’action où l’on peut non seulement influencer les décisions, mais surtout y apporter des solutions concrètes et durables. L’histoire de notre pays, marquée par des crises répétées, m’a convaincu qu’il faut bien plus qu’une simple participation ; il faut un engagement véritable, ancré dans des valeurs de justice, de dignité et de solidarité.
Quelle est votre analyse de l’évolution socio-économique de la RDC ces dernières années ? Quelles sont les priorités urgentes pour le gouvernement ?
La RDC a atteint un tournant historique. La période récente, marquée par une croissance modeste, n’est qu’une illusion si l’on examine de près la réalité du terrain

