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3 juin, 2026 - 00:17:32
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CENI, ONU-Femmes et parlementaires réfléchissent à une parité effective en politique

Alors que la République démocratique du Congo se projette vers les élections de 2028, la question de la représentation politique des femmes s’impose comme un impératif démocratique. À peine 17 % de femmes au Parlement, moins de 10 % dans les Assemblées provinciales, 5 % à la tête des gouvernorats : les chiffres révèlent une exclusion systémique. Face à ce déséquilibre criant, ONU-Femmes, la CENI et plusieurs voix de la société civile appellent à une refonte en profondeur du système électoral. Il ne s’agit plus de plaidoyer, mais d’exiger des mécanismes contraignants pour imposer la parité. Car sans les femmes, c’est toute la légitimité de la démocratie congolaise qui vacille.

Jeudi 12 juin 2025, le Palais du Peuple a servi de cadre à un échange dense et inédit autour d’un enjeu fondamental pour la démocratie congolaise : la participation politique des femmes. À l’initiative d’ONU-Femmes, le « Café Genre » a réuni élus nationaux, experts électoraux, représentants de la société civile et acteurs du mouvement féministe pour tracer des perspectives nouvelles en vue des scrutins de 2028.

Des chiffres alarmants, une volonté affirmée
Le constat est sans appel : les femmes sont les grandes absentes de la sphère élective en République démocratique du Congo. Environ 17 % de sièges au Parlement, moins de 10 % dans les Assemblées provinciales, 19 % dans les Conseils municipaux et à peine 5 % à la tête des gouvernorats. Une représentation jugée « dramatiquement insuffisante » par plusieurs intervenants.

Pourtant, les bases légales existent. L’article 14 de la Constitution congolaise garantit l’égalité entre les sexes et oblige l’État à promouvoir la parité. Mais dans les faits, le chemin reste semé d’obstacles, entre barrières culturelles, manque de financement et faiblesse des mécanismes d’incitation.

Une CENI résolue à agir

Prenant la parole au nom du président de la CENI, Denis Kadima Kazadi, empêché, Mme Joséphine Ngalula, membre de la plénière, a rappelé l’engagement institutionnel de la centrale électorale à promouvoir l’inclusivité. Elle a développé les axes du quatrième pilier du Plan stratégique opérationnel de la CENI, consacré à l’intégration des groupes historiquement marginalisés : femmes, jeunes, peuples autochtones et personnes vivant avec handicap.

« L’inclusivité ne doit plus être un slogan. Elle doit se traduire dans la composition des listes, l’aménagement des bureaux de vote, l’accessibilité des informations électorales », a-t-elle martelé devant un parterre d’acteurs politiques et associatifs.

La société civile en éveil, le législateur interpellé

Représentant le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, le professeur Jacques Ndjoli a salué l’initiative d’ONU-Femmes, tout en appelant à « des mécanismes contraignants pour forcer les partis politiques à se conformer à la parité ». Une idée récurrente dans les échanges, souvent illustrée par le modèle rwandais ou sénégalais, où des quotas constitutionnels ou législatifs ont permis une réelle percée des femmes dans les organes décisionnels.

Mme Catherine Odimba, représentante d’ONU-Femmes en RDC, a, pour sa part, insisté sur l’urgence d’un changement de paradigme. « Il ne peut y avoir de démocratie véritable sans une représentation équilibrée. La question de la participation des femmes ne relève pas de la faveur mais d’un droit », a-t-elle affirmé, saluant les progrès mais soulignant que « le plafond de verre » reste solide.

Recommandations concrètes et espoirs prudents

Loin des déclarations d’intention, les travaux du jour ont permis de formuler des propositions précises : révision de la loi électorale pour introduire un seuil de parité obligatoire sur les listes ; mise en place d’un fonds de soutien aux candidatures féminines ; renforcement de la formation politique des femmes dès le niveau local ; et surtout, une volonté politique assumée au plus haut niveau.

Alors que le pays entre dans une phase préparatoire cruciale, l’espoir est permis. Mais il est conditionné à une mobilisation soutenue. Car comme le rappelle une intervenante issue de la société civile : « Le changement ne se décrète pas, il se construit, ensemble. »

La route vers 2028 est encore longue. Mais elle pourrait bien être féminine.

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