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3 juin, 2026 - 12:51:47
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Dans une lettre adressée au Pape, Convergence pour l’Émergence du Congo dénonce la remise en cause de l’accord de paix par le Cardinal Ambongo

Le collectif Convergence pour l’Émergence du Congo s’est élevé avec force, par une lettre ouverte adressée à Sa Sainteté le Pape Léon XIV, contre les prises de position publiques du Cardinal Fridolin Ambongo. En contestant vigoureusement l’accord de paix signé à Washington et en suggérant que Kinshasa aurait cédé sous la pression de l’administration Trump, le Cardinal jette un trouble lourd de conséquences sur l’espoir d’une nation meurtrie, assoiffée de réconciliation. Plus grave encore, le passé soutien affiché du prélat envers le régime de Paul Kagame — dont les crimes documentés sur le sol congolais restent une blessure vive — suscite une incompréhension profonde, voire une douleur morale chez les victimes. Ces prises de position, loin de réunir, exacerbent les divisions, menaçant de fracturer une Église catholique congolaise qui devrait, au contraire, incarner l’unité et la paix. Face à cette dérive, Convergence pour l’Émergence du Congo appelle le Saint-Siège à réaffirmer avec clarté et fermeté la vocation première de l’Église : être un sanctuaire spirituel, un refuge au-dessus des querelles politiques, un phare qui rassemble les consciences plutôt qu’un instrument de polarisation. À une époque où la nation réclame un message d’apaisement et de réconciliation, il est plus que jamais urgent que l’Église joue son rôle premier, celui d’un guide moral capable d’élever les cœurs plutôt que de les diviser.

LETTRE OUVERTE À SA SAINTETÉ LE PAPE LÉON XIV

À propos des propos et prises de position de Son Éminence le Cardinal Fridolin Ambongo.
Très Saint-Père,

En notre qualité de président du collectif Convergence pour l’Émergence du Congo, nous vous écrivons avec respect filial, portés par l’amour de l’Église et le souci de la paix dans notre pays meurtri.

Notre peuple, épuisé par plus de trois décennies de guerre d’agression, a vu naître une lueur d’espérance dans l’accord de paix signé à Washington. Cet espoir, bien que fragile, a été largement salué par une population qui souffre en silence depuis trop longtemps.
Or, les récentes déclarations de Son Éminence le Cardinal Fridolin Ambongo, rejetant publiquement cet accord, en affirmant que le Congo aurait agi par crainte de Donald Trump, ont semé le trouble et l’indignation. Ces propos, lourds de conséquences, ont blessé une nation entière qui aspire enfin à la réconciliation et à la stabilité.

Plus encore, nous ne comprenons pas que le même cardinal ait autrefois publiquement loué le leadership de Paul Kagame — chef d’un régime directement impliqué dans des crimes massifs documentés contre la population congolaise.

Pour des millions de victimes congolaises, ces prises de position sont perçues non seulement comme une offense à la mémoire des morts, mais comme une trahison morale envers les vivants. Nous exprimons aussi notre vive inquiétude face aux prises de position répétées de Son Éminence contre les autorités légitimes de l’État congolais.

Cette attitude constante de confrontation, très médiatisée, suscite la confusion parmi les fidèles, qui se comptent par millions dans notre Église. Beaucoup se sentent blessés, désorientés, voire abandonnés spirituellement. Il devient difficile de ne pas y percevoir une volonté d’impliquer, malgré elle, la prestigieuse Église catholique dans un conflit politique qui n’est pas le sien. Une telle dérive serait dramatique pour la mission pastorale de l’Église, qui doit rester un refuge pour tous, un guide spirituel au-dessus des clivages, et non une force de polarisation.

Très Saint-Père, nous vous supplions de rappeler, par votre voix apostolique, que le rôle de l’Église est de guider les consciences, protéger les innocents, soutenir la paix, non de devenir l’écho des intérêts ou ambitions personnelles. Votre prédécesseur, le Pape François, avait dit à Kinshasa : « Que l’Afrique cesse d’être dépouillée. » Nous y ajoutons aujourd’hui : que l’Église ne soit pas divisée.

Nous avons besoin d’une parole qui éclaire, pas qui enflamme. D’un Pasteur qui rassemble, pas qui scandalise. Que votre voix, Très Saint-Père, vienne restaurer l’unité des cœurs. Dans la foi, l’espérance et la paix du Christ ressuscité, Recevez l’expression de notre profond attachement au Siège de Pierre.

Pour le collectif Convergence pour l’Émergence du Congo
Jean-Louis Tshimbalanga, Président.

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