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3 juin, 2026 - 18:51:54
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Décentralisation en RDC : Judith Suminwa relance un processus en panne depuis cinq ans

Après cinq années d’hibernation, la décentralisation en République démocratique du Congo sort de l’ombre. En réunissant, le 8 septembre, le Comité interministériel de pilotage et de suivi du processus, la Première ministre Judith Suminwa a posé un geste fort : celui de remettre en marche une réforme constitutionnelle essentielle pour rapprocher l’État des citoyens et corriger les inégalités entre provinces. La rencontre a placé au centre du débat la question cruciale des finances locales — rétrocession des 40 % aux provinces, avenir de la Caisse nationale de péréquation — tout en esquissant des pistes de solutions pour lever les blocages budgétaires et institutionnels. Si les défis demeurent, l’annonce d’une nouvelle réunion en novembre nourrit l’espoir d’une feuille de route claire et partagée. En affichant sa volonté politique, Judith Suminwa relance un chantier qui pourrait, enfin, redonner souffle à la gouvernance locale congolaise.

Après cinq années de silence institutionnel, la décentralisation a retrouvé, lundi 8 septembre, les bancs de la Primature. La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a présidé la réunion du Comité interministériel de pilotage, de coordination et de suivi de la mise en œuvre de la décentralisation, un organe clé resté inactif depuis 2020. Cette reprise vise à remettre en mouvement un chantier constitutionnel au point mort, censé rapprocher l’État de ses citoyens et corriger les profondes inégalités entre provinces.

Un processus enlisé, relancé sous pression

La réforme, inscrite dans la Constitution de 2006, promettait le transfert effectif de compétences, de ressources et de responsabilités aux provinces. Mais son application a souvent buté sur des résistances administratives, un manque de volonté politique et une faiblesse chronique des finances publiques.

« Depuis cinq ans, ces réunions n’étaient plus tenues, ce qui a freiné le pilotage de la décentralisation », a rappelé Popaul Kizungu Chihisa, coordonnateur national de la Cellule technique d’appui à la décentralisation (CTAD). Selon lui, la relance initiée par Mme Suminwa répond à une urgence : redynamiser une réforme conçue comme l’un des piliers de la gouvernance locale.
La question cruciale des finances locales
Au cœur des échanges, la problématique de la rétrocession des 40 % des recettes nationales dues aux provinces, un dispositif rarement respecté. Le ministre des finances a reconnu que, dans le contexte budgétaire actuel, l’application intégrale de ce mécanisme demeure difficile. « Nous devons réfléchir à des ajustements, y compris sur le plan constitutionnel, afin de trouver une solution durable », a précisé M. Kizungu.

Autre sujet sensible : la Caisse nationale de péréquation, censée réduire les inégalités entre territoires. Faute de financement suffisant et d’un cadre clair, son rôle reste marginal, alors même que le Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T) s’est imposé comme un instrument prioritaire. Les participants ont insisté sur la nécessité de clarifier la complémentarité entre ces dispositifs.

Vers une feuille de route en novembre

La réunion a également abordé des enjeux transversaux : formation d’une fonction publique locale, renforcement des capacités des administrations provinciales, et articulation des compétences sectorielles. Une nouvelle session est prévue en novembre 2025, avec l’objectif de définir des mesures opérationnelles.

« Nous devons reprendre le travail là où il s’était arrêté, pour traiter en profondeur toutes les problématiques », a conclu le coordonnateur de la CTAD, soulignant l’importance d’un suivi rigoureux.
En reprenant la main sur ce dossier, Judith Suminwa entend réaffirmer la centralité de la décentralisation dans la stratégie gouvernementale. La cheffe du gouvernement a exhorté ses ministres à « lever les blocages administratifs et financiers » et à accélérer la mise en œuvre d’un processus censé garantir une gouvernance de proximité et un développement plus équilibré.

Cette relance, encore fragile, sera scrutée de près par les gouverneurs et les élus provinciaux, qui réclament depuis des années une meilleure redistribution des ressources et des responsabilités. La session de novembre dira si la volonté politique affichée pourra enfin se traduire en actes.

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