80.98 F
Kinshasa
22 octobre, 2026 - 23:15:49
Image default
Flash InfosLa unePolitique

Félix Tshisekedi, sept ans au pouvoir : réformes engagées, fractures persistantes, l’heure du bilan

Le 20 janvier 2026 n’est pas une date ordinaire. Sept ans jour pour jour après son arrivée au pouvoir, Félix Tshisekedi atteint ce moment rare où un pays cesse d’évaluer les intentions et commence à mesurer les effets. En République démocratique du Congo, l’exercice est délicat. Les attentes sont immenses. Les équilibres, fragiles. Mais une chose est acquise : le statu quo a reculé. Le premier mérite du pouvoir actuel est d’avoir rompu avec l’immobilisme. La gratuité de l’enseignement primaire a constitué un basculement social majeur. Des millions d’enfants ont retrouvé l’école. Le geste fut audacieux, politiquement risqué, structurellement nécessaire. Il a soulagé les familles et redonné à l’État une responsabilité qu’il avait abandonnée. Même logique en matière budgétaire. En sept ans, l’État congolais a retrouvé une épaisseur qu’on croyait perdue. Un budget multiplié par quatre n’est pas un slogan. C’est un changement de doctrine. Plus de recettes, plus de contrôle, plus de discipline. L’Inspection générale des finances a remis la peur au cœur de la gestion publique. Sur la scène internationale, la RDC est sortie de l’ombre. Présente à l’Union africaine, dans les blocs régionaux, au Conseil de sécurité des Nations unies, aux grandes conférences climatiques et économiques, elle parle à nouveau. Cette visibilité n’est pas cosmétique. Elle repositionne Kinshasa dans les arbitrages mondiaux. Mais la diplomatie ne suffit pas. Elle exige une cohérence interne pour durer. À l’intérieur, le pouvoir a tenté de réparer la géographie de l’abandon. Le Programme de développement local des 145 territoires a replacé l’État là où il avait disparu. Écoles, centres de santé, bâtiments publics : la présence revient. Lentement. Inégalement. Mais concrètement. Reste la question décisive de la durabilité. Construire est une étape. Entretenir est une politique. Le point de rupture demeure l’Est. Là, les mots pèsent peu. Les chiffres parlent. Déplacements massifs, insécurité persistante, souffrance humaine. Les avancées militaires sont réelles mais fragiles. La diplomatie est active mais insuffisante. L’État joue ici sa crédibilité la plus profonde : protéger. Enfin, le franc congolais respire. Un répit monétaire, fragile mais réel. Le panier de la ménagère en ressent les premiers effets. Sans miracle. Car la monnaie ne nourrit pas seule. L’emploi, la production et l’industrie restent les clés. C’est là que tout converge. L’industrialisation. Transformer, produire, employer. Les zones économiques spéciales ouvrent une voie. Elles ne pardonneront pas l’improvisation. L’exécution sera juge. Sept ans après, la RDC n’est plus immobile. Elle n’est pas encore apaisée. Le socle existe. Les urgences demeurent. Le temps des promesses s’achève. Celui des preuves commence.

Le 20 janvier 2026 a marqué un cap politique. Sept années d’exercice du pouvoir pour le président Félix Tshisekedi, dans un pays aux équilibres fragiles et aux attentes immenses. L’analyse impose de distinguer les chantiers ouverts, les avancées mesurables et les angles morts persistants.

Éducation et social : une rupture assumée

La gratuité de l’enseignement primaire reste la réforme la plus structurante du quinquennat. En rompant avec un système longtemps financé par les ménages, l’État a provoqué un basculement social majeur. Plus de quatre millions d’enfants ont retrouvé le chemin de l’école. Dans les établissements concernés, l’accès à l’éducation s’est nettement élargi avec une hausse de la fréquentation scolaire. La mesure a allégé de manière significative la charge financière des parents.
Socialement puissante, la décision n’en a pas moins été politiquement risquée. Elle a mis à nu les fragilités d’un système déjà sous tension : classes surchargées, qualité inégale de l’enseignement, statut et rémunération des enseignants encore instables.

Dans le secteur de la santé,