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Kinshasa
10 février, 2026 - 03:04:51
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Félix Tshisekedi, sept ans au pouvoir : réformes engagées, fractures persistantes, l’heure du bilan

Le 20 janvier 2026 n’est pas une date ordinaire. Sept ans jour pour jour après son arrivée au pouvoir, Félix Tshisekedi atteint ce moment rare où un pays cesse d’évaluer les intentions et commence à mesurer les effets. En République démocratique du Congo, l’exercice est délicat. Les attentes sont immenses. Les équilibres, fragiles. Mais une chose est acquise : le statu quo a reculé. Le premier mérite du pouvoir actuel est d’avoir rompu avec l’immobilisme. La gratuité de l’enseignement primaire a constitué un basculement social majeur. Des millions d’enfants ont retrouvé l’école. Le geste fut audacieux, politiquement risqué, structurellement nécessaire. Il a soulagé les familles et redonné à l’État une responsabilité qu’il avait abandonnée. Même logique en matière budgétaire. En sept ans, l’État congolais a retrouvé une épaisseur qu’on croyait perdue. Un budget multiplié par quatre n’est pas un slogan. C’est un changement de doctrine. Plus de recettes, plus de contrôle, plus de discipline. L’Inspection générale des finances a remis la peur au cœur de la gestion publique. Sur la scène internationale, la RDC est sortie de l’ombre. Présente à l’Union africaine, dans les blocs régionaux, au Conseil de sécurité des Nations unies, aux grandes conférences climatiques et économiques, elle parle à nouveau. Cette visibilité n’est pas cosmétique. Elle repositionne Kinshasa dans les arbitrages mondiaux. Mais la diplomatie ne suffit pas. Elle exige une cohérence interne pour durer. À l’intérieur, le pouvoir a tenté de réparer la géographie de l’abandon. Le Programme de développement local des 145 territoires a replacé l’État là où il avait disparu. Écoles, centres de santé, bâtiments publics : la présence revient. Lentement. Inégalement. Mais concrètement. Reste la question décisive de la durabilité. Construire est une étape. Entretenir est une politique. Le point de rupture demeure l’Est. Là, les mots pèsent peu. Les chiffres parlent. Déplacements massifs, insécurité persistante, souffrance humaine. Les avancées militaires sont réelles mais fragiles. La diplomatie est active mais insuffisante. L’État joue ici sa crédibilité la plus profonde : protéger. Enfin, le franc congolais respire. Un répit monétaire, fragile mais réel. Le panier de la ménagère en ressent les premiers effets. Sans miracle. Car la monnaie ne nourrit pas seule. L’emploi, la production et l’industrie restent les clés. C’est là que tout converge. L’industrialisation. Transformer, produire, employer. Les zones économiques spéciales ouvrent une voie. Elles ne pardonneront pas l’improvisation. L’exécution sera juge. Sept ans après, la RDC n’est plus immobile. Elle n’est pas encore apaisée. Le socle existe. Les urgences demeurent. Le temps des promesses s’achève. Celui des preuves commence.

Le 20 janvier 2026 a marqué un cap politique. Sept années d’exercice du pouvoir pour le président Félix Tshisekedi, dans un pays aux équilibres fragiles et aux attentes immenses. L’analyse impose de distinguer les chantiers ouverts, les avancées mesurables et les angles morts persistants.

Éducation et social : une rupture assumée

La gratuité de l’enseignement primaire reste la réforme la plus structurante du quinquennat. En rompant avec un système longtemps financé par les ménages, l’État a provoqué un basculement social majeur. Plus de quatre millions d’enfants ont retrouvé le chemin de l’école. Dans les établissements concernés, l’accès à l’éducation s’est nettement élargi avec une hausse de la fréquentation scolaire. La mesure a allégé de manière significative la charge financière des parents.
Socialement puissante, la décision n’en a pas moins été politiquement risquée. Elle a mis à nu les fragilités d’un système déjà sous tension : classes surchargées, qualité inégale de l’enseignement, statut et rémunération des enseignants encore instables.

Dans le secteur de la santé, la Couverture santé universelle a amorcé sa première phase par la gratuité des accouchements et des soins néonataux. Une avancée saluée comme un signal fort en faveur des plus vulnérables, mais dont la portée reste limitée par les contraintes budgétaires et les disparités territoriales.

Il est clair que l’enjeu dépasse la seule gratuité. La vision gouvernementale affichée est ambitieuse : faire de l’école congolaise un modèle d’excellence en Afrique à l’horizon 2029. Une ambition qui suppose une succession de réformes cohérentes et d’actions structurantes. D’où plusieurs chantiers lancés, notamment l’intégration progressive des technologies dans l’apprentissage ; des mesures pour faire face au déficit en infrastructures avec la création de nouvelles salles de classe, autant au niveau primaire que secondaire.
La feuille de route, étalée sur quatre ans, prévoit la construction d’écoles, la formation des enseignants, la révision des programmes scolaires et le renforcement de la gouvernance du secteur. Autant de leviers destinés à transformer une mesure sociale en réforme durable.

Économie et finances publiques : l’État reprend de l’épaisseur

Le chiffre marque une rupture. Sous la présidence de Félix Tshisekedi, le budget de l’État est passé d’environ 4 à 5 milliards de dollars à plus de 20 milliards projetés pour 2026. Une multiplication par quatre qui traduit un changement de doctrine budgétaire. Mobilisation accrue des recettes, élargissement de l’assiette fiscale, reprise en main des circuits de dépenses : l’État congolais a retrouvé une capacité d’intervention que beaucoup jugeaient hors d’atteinte il y a encore quelques années.
Cette montée en puissance ne relève pas d’un seul facteur. Elle s’appuie sur un renforcement des mécanismes de collecte, une surveillance plus étroite des régies financières et une volonté politique affirmée de réduire les fuites. Dans un pays longtemps miné par l’informalité et l’évasion, la pression fiscale s’est accrue, parfois au prix de tensions avec le secteur privé, mais avec l’objectif assumé de restaurer la crédibilité de l’action publique.

L’IGF, gendarme budgétaire sous surveillance

Symbole de cette nouvelle orthodoxie, l’Inspection générale des finances s’est imposée comme un acteur central. Ses contrôles ont ravivé la « peur du gendarme financier », mettant fin à certaines pratiques de prédation longtemps tolérées. Pour les autorités, l’IGF incarne le retour de la discipline dans la gestion des deniers publics.

Mais cet activisme n’est pas exempt de critiques. Des voix s’élèvent sur la sélectivité des enquêtes et le risque d’une justice financière à géométrie variable. La discipline progresse, reconnaissent même certains observateurs sceptiques, mais la confiance reste fragile. Elle dépendra de la capacité de l’État à inscrire ces efforts dans la durée, à garantir l’équité des contrôles et à faire de la rigueur budgétaire un outil de développement, non un simple instrument de sanction.

Diplomatie : de l’isolement au repositionnement stratégique

Le tournant est net. Sur la scène internationale, la République démocratique du Congo n’évolue plus en périphérie. Sous la présidence de Félix Tshisekedi, le pays a méthodiquement réinvesti les enceintes régionales et multilatérales, rompant avec des années d’isolement diplomatique et de parole marginale. La RDC s’affirme désormais comme un acteur visible et sollicité, à la fois en Afrique et au-delà.
Au plan continental, Kinshasa a repris toute sa place au sein de l’Union africaine, tout en renforçant sa présence dans les organisations sous-régionales clés : la CEEAC, la Communauté d’Afrique de l’Est et la SADC. Une diplomatie de voisinage assumée, dictée par la géographie, mais aussi par les impératifs sécuritaires et économiques.

Du multilatéralisme à la diplomatie d’influence

Le signal le plus fort est venu de New York. La RDC a officiellement entamé un mandat de deux ans comme membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies. Une position stratégique, qui confère au pays une capacité d’influence accrue sur les dossiers de paix et de sécurité, y compris ceux qui la concernent directement.

Cette présence s’est également affirmée dans les grands forums globaux. Aux Conférences des parties sur le climat, la RDC a cherché à faire valoir son rôle central dans la régulation climatique mondiale, forte de ses forêts et de son potentiel énergétique. À Forum économique mondial, notamment à Davos 2026, le pays s’est présenté comme un « pays-solution », plaidant pour une transition énergétique juste et un accès équitable aux financements climatiques.

Parallèlement, la diplomatie bilatérale s’est densifiée. Les accords et discussions stratégiques engagés avec les États-Unis sur les minerais critiques, l’énergie et la sécurité des chaînes d’approvisionnement, illustrent une volonté de repositionner la RDC comme partenaire économique crédible, au cœur des nouvelles rivalités industrielles mondiales.

Cette visibilité retrouvée n’efface pas toutes les fragilités. La crédibilité diplomatique se mesure désormais à l’exécution interne : stabilité politique, gouvernance, sécurité. Mais un fait s’impose : la RDC est de retour à la table. Et, pour la première fois depuis longtemps, elle y parle d’une voix que l’on écoute.

Infrastructures : le pari de l’intérieur

Avec le Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T), l’État a choisi de déplacer le centre de gravité de l’action publique. Moins de vitrines, davantage de maillage. Dans des zones longtemps marginalisées, les premières réalisations deviennent visibles : écoles, centres de santé, bâtiments administratifs. Une présence matérielle de l’État, là où elle faisait défaut.

La première phase du programme s’est concentrée sur les infrastructures sociales de base. Plus de 600 ouvrages ont été livrés, selon les données du Programme des Nations unies pour le développement, partenaire de mise en œuvre. L’objectif est clair : rapprocher les services essentiels des populations et dynamiser des économies locales étouffées par l’enclavement. Les effets sont encore inégaux, mais le signal est politique autant qu’opérationnel.

Désenclaver pour produire, maintenir pour durer

À Kinshasa, le même esprit de rattrapage s’observe dans l’enseignement supérieur. Les universités publiques, longtemps délaissées, connaissent des travaux de modernisation, notamment à l’Université pédagogique nationale et à l’Université de Kinshasa. Dans les provinces, la réhabilitation et l’extension des aéroports de Bangoka, à Kisangani, et de Mbuji-Mayi traduisent une volonté de désenclavement et de rééquilibrage territorial.

La seconde phase du PDL-145T est attendue sur un terrain plus complexe : les routes de desserte agricole. Un choix stratégique. Sans accès aux marchés, les gains sociaux restent fragiles. Faciliter l’acheminement des denrées vers les centres de consommation est présenté comme une condition de réduction durable de la faim et de stabilisation des revenus ruraux.

Reste un point de vigilance récurrent : la durabilité. Lenteur de certains chantiers, retards localisés, capacité de maintenance encore incertaine. Les autorités le reconnaissent à demi-mot : bâtir est une étape, entretenir en est une autre. Le pari de l’intérieur ne se gagnera pas à la livraison des ouvrages, mais à leur usage dans le temps.

Sécurité dans l’Est : le point de rupture

C’est le nœud du pouvoir. Et son épreuve la plus cruelle. À l’Est de la République démocratique du Congo, la sécurité demeure le talon d’Achille de l’action publique. Malgré l’état de siège, les opérations militaires successives et l’appui de dispositifs régionaux, la paix reste précaire. La récente reprise d’Uvira par les Forces armées de la RDC a constitué un signal politique fort. Cependant, de vastes zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu demeurent sous l’influence de groupes armés, au premier rang desquels le M23 appuyé par le Rwanda.

Une catastrophe humanitaire aux chiffres vertigineux

Derrière les lignes de front, le drame humain s’aggrave. La crise à l’Est est aujourd’hui l’une des plus graves au monde. Selon les agences humanitaires des Nations unies, plus de 6 à 7 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays, dont une majorité concentrée dans les provinces orientales. À cela s’ajoutent des centaines de milliers de réfugiés ayant franchi les frontières vers l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi.

Les chiffres donnent la mesure de l’effondrement social : des millions de personnes en insécurité alimentaire aiguë, privées d’accès régulier à la nourriture ; des centaines de structures de santé et d’écoles endommagées ou détruites ; des violences sexuelles utilisées comme arme de guerre, documentées par les ONG et les mécanismes onusiens ; une pression humanitaire extrême sur les villes de Goma, Bukavu et leurs périphéries, où les camps de déplacés débordent.

Les besoins explosent plus vite que les réponses. Les plans humanitaires restent chroniquement sous-financés. L’écart entre les engagements diplomatiques, les résolutions internationales et la réalité du terrain nourrit une lassitude dangereuse, tant chez les populations que chez les acteurs humanitaires.

À Kinshasa, l’exécutif multiplie les initiatives diplomatiques pour internationaliser la crise et désigner les responsabilités. Sur le terrain, les civils, eux, attendent surtout la fin des déplacements forcés, le retour de l’État et la sécurité quotidienne. À l’Est, le temps politique se heurte au temps humanitaire. Et chaque mois perdu se compte en vies brisées.

Pouvoir d’achat : l’embellie du franc congolais, un répit encore fragile

Le signal est perceptible. Depuis plusieurs mois, le franc congolais a cessé de décrocher. Mieux : il s’est apprécié face au dollar, rompant avec une longue séquence de glissade monétaire. Une embellie qui n’est pas passée inaperçue dans les marchés, ni dans les ménages. Car en RDC, la stabilité du taux de change pèse directement sur le panier de la ménagère, dans une économie fortement dollarisée et dépendante des importations.

Cette accalmie monétaire résulte d’un faisceau de facteurs : resserrement de la politique monétaire, meilleure coordination budgétaire, encadrement plus strict des dépenses publiques et interventions ciblées de la Banque centrale du Congo. À cela s’ajoute une discipline accrue sur les flux de trésorerie de l’État, dans un contexte de recettes publiques en hausse.

Des prix qui se stabilisent, sans miracle social

Sur les étals, les effets commencent à se faire sentir. La stabilisation du taux de change a contribué à freiner la hausse des prix des produits importés. Dans certains centres, les commerçants évoquent des prix « moins volatils », quand les ménages constatent une baisse de la pression quotidienne sur les dépenses alimentaires.
Mais l’impact reste inégal et mesuré. L’inflation, bien que ralentie, continue d’éroder les revenus, notamment pour les salariés payés en francs congolais. Le pouvoir d’achat ne se reconstruit pas au rythme du taux de change. Il dépend aussi des salaires, de l’emploi et de la production locale, encore insuffisante pour amortir durablement les chocs extérieurs.

Pour les autorités, cette embellie monétaire est un acquis à consolider, non une victoire à célébrer. La stabilité du franc congolais demeure fragile, exposée aux tensions sécuritaires, aux besoins de financement et à la dépendance aux importations. La leçon est connue : sans relance de la production nationale et sans discipline budgétaire durable, l’effet sur le panier de la ménagère restera partiel.

La monnaie respire. Le social, lui, attend encore de respirer pleinement.
État de droit et justice : une réforme inachevée

Le constat vient du sommet. Le chef de l’État lui-même a qualifié la justice congolaise de « malade ». Une formule qui résume à la fois l’ampleur du chantier et les limites des réformes engagées. Depuis 2019, des signaux ont été envoyés : discours volontaristes, réaffirmation de l’indépendance des magistrats, mise en avant de la lutte contre l’impunité. Mais sur le terrain, les pratiques peinent à suivre l’intention.

Les arrestations d’opposants politiques, de militants de la société civile ou de journalistes continuent d’alimenter les critiques sur un rétrécissement de l’espace démocratique. Elles ravivent une méfiance ancienne envers l’appareil judiciaire, souvent perçu comme perméable aux pressions politiques. L’indépendance de la justice, inscrite dans les textes, demeure inachevée dans les faits.

C’est dans ce contexte que les États généraux de la justice ont été convoqués. Présentés comme un moment de vérité, ils devaient permettre un diagnostic sans complaisance : lenteur des procédures, corruption endémique, insuffisance des moyens, dépendance hiérarchique et financière des magistrats. Les participants : magistrats, avocats, universitaires, acteurs de la société civile, ont fait remonter des attentes claires : réformes structurelles, garanties statutaires, financement pérenne et clarification des rapports entre justice et pouvoir politique.

À Kinshasa, l’exécutif affirme vouloir traduire ces recommandations en actes. Mais le scepticisme demeure. Trop de réformes annoncées par le passé se sont heurtées à l’inertie institutionnelle ou aux calculs politiques. Pour nombre d’observateurs, la crédibilité du discours sur l’État de droit se jouera désormais sur des gestes concrets : respect strict des procédures, protection effective des libertés publiques et fin de l’instrumentalisation de la justice.
À ce stade, la réforme avance, mais sans rupture décisive. La justice congolaise est en transition, coincée entre une volonté affichée au sommet et des résistances profondes dans l’appareil d’État. Pour la population, le temps des diagnostics est largement écoulé. Celui des preuves reste attendu.

Perspectives : l’industrialisation du pays

Le cap est posé. Le second mandat se joue désormais sur l’industrialisation. Pour la République démocratique du Congo, il ne s’agit plus seulement d’extraire, mais de transformer. De passer d’une économie d’exportation brute à une économie de valeur ajoutée. L’équation est connue, répétée, assumée. Sa réussite dépendra d’une variable décisive : l’exécution.

Sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi, les autorités ont engagé une accélération de la transformation économique, avec la création et l’opérationnalisation de zones économiques spéciales (ZES). Ces espaces industriels, dotés d’un cadre fiscal et réglementaire incitatif, sont conçus pour attirer les investissements, structurer les chaînes de valeur et ancrer la transformation locale des ressources minières et agricoles.

ZES, mines et valeur ajoutée : le pari productif

La logique est claire : rapprocher l’industrie de la matière première. Dans un pays qui concentre une part stratégique des minerais critiques mondiaux : cuivre, cobalt, lithium, la transformation locale devient un enjeu de souveraineté économique autant que de développement. Les projets de zones industrielles adossées aux bassins miniers visent à capter une part plus importante de la richesse produite, à créer des emplois qualifiés et à réduire la dépendance aux importations de produits finis.

Les ZES ne se limitent pas au secteur minier. L’agro-industrie figure également au cœur de la stratégie. Transformation des produits agricoles, conservation, logistique, distribution : autant de segments appelés à structurer des économies locales et à absorber une main-d’œuvre jeune et abondante. L’objectif affiché est ambitieux : générer plusieurs millions d’emplois et bâtir un tissu industriel capable de soutenir durablement la croissance.

Mais les obstacles sont connus. Accès à l’énergie, infrastructures de transport, sécurité juridique, stabilité fiscale. Les investisseurs observent, évaluent, attendent. La réussite des ZES dépendra de la capacité de l’État à garantir un environnement prévisible, à tenir ses engagements et à coordonner les politiques publiques : énergie, finances, foncier, formation.
Sports : les Léopards émergent, le symbole dépasse le terrain

Le football a repris sa place de catalyseur. À 90 minutes d’une qualification historique pour la Coupe du monde 2026, les Léopards de la RDC offre au pays un rare moment de convergence. Dans un contexte social et sécuritaire tendu, la sélection nationale agit comme un révélateur d’unité. Les résultats parlent : une prestation solide à la Coupe d’Afrique des nations, une présence désormais installée dans le Top 50 mondial du classement de la FIFA. La RDC est visible. Elle redevient crédible.

Cette dynamique sportive a aussi pris une dimension symbolique et économique. L’image du pays circule, portée par des partenariats et des opérations marketing visibles sur les maillots de clubs européens de premier plan. Une vitrine internationale qui dépasse le sport : elle renvoie à une nation qui cherche à se raconter autrement, par la performance et l’excellence.

La vitrine à l’extérieur, la panne à l’intérieur
Mais le contraste est brutal. Si l’équipe nationale avance, le sport domestique patine. Les championnats nationaux de football peinent à se structurer. Les calendriers sont instables, les financements aléatoires, les infrastructures insuffisantes. Dans plusieurs disciplines, l’absence de stades aux normes, de centres de formation et de moyens logistiques freine l’émergence des talents. Le fossé se creuse entre l’élite internationale et la base locale.

Les observateurs le soulignent à demi-mot : sans investissement durable dans les infrastructures et la gouvernance sportive, l’embellie restera fragile. Le sport, levier de cohésion et de rayonnement, ne peut reposer uniquement sur l’exploit de la sélection nationale. Il suppose une politique publique cohérente, du terrain de quartier au stade national.

À l’approche d’un possible rendez-vous mondial, l’enjeu dépasse le résultat. Transformer l’essai sportif en héritage structurel est devenu un test politique. Les Léopards montrent la voie. Reste à bâtir le socle.

En somme : sept ans de contrastes, l’épreuve des résultats

Sept ans après l’alternance de 2019, le bilan dessine une ligne brisée. Des fondations ont été posées. Des ruptures ont été assumées. L’État a repris de l’épaisseur budgétaire, l’école primaire est devenue gratuite, la diplomatie congolaise s’est réinstallée dans les enceintes régionales et mondiales. Des chantiers longtemps différés ont été ouverts. La trajectoire a changé.
Mais les fractures demeurent. L’urgence sociale reste entière, rongée par le coût de la vie et la fragilité des revenus. À l’Est, la sécurité continue de dicter le tempo politique, humanitaire et diplomatique. Les progrès sont réels, mais réversibles. Les attentes, elles, s’accumulent.

Du cap aux preuves

Pour Félix Tshisekedi, le temps des annonces touche à sa limite. La phase qui s’ouvre ne tolère plus l’écart entre l’intention et l’impact. L’opinion publique, moins sensible aux réformes de structure qu’à leurs effets concrets, attend des réponses mesurables : sécurité quotidienne, emplois durables, services publics fiables.

Le pouvoir le sait. Les arbitrages à venir seront plus politiques que techniques. Industrialisation, redistribution, État de droit, stabilisation de l’Est : chaque dossier est désormais un test de crédibilité. La séquence des promesses a structuré l’espoir. Celle des résultats décidera de l’héritage.

Sept ans de contrastes, donc. Ni échec global, ni succès achevé. Un socle existe. La suite dira s’il s’agissait d’une transition maîtrisée ou d’un rendez-vous manqué. Le temps, désormais, ne joue plus pour le discours. Il exige des preuves.

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