La présence, à Kananga, d’individus se réclamant chefs coutumiers sans l’aval de leurs familles régnantes ravive les tensions au Kasaï Central. Les autorités provinciales des Affaires coutumières dénoncent une situation susceptible d’engendrer des conflits de compétence, d’entretenir la confusion au sein des communautés et d’affaiblir l’autorité traditionnelle, pilier essentiel de la cohésion sociale et de la gestion foncière locale.
Une crispation grandissante secoue deux principales structures des chefs coutumiers au Kasaï Central. Il s’agit de l’Association nationale des autorités traditionnelles du Congo (ANATC) et de l’Alliance des autorités traditionnelles du Congo (AA.TCC), dirigées au niveau provincial par André Kalala Katshishimbi et Clément Kalamba Diyi.
À l’origine de ces frictions : la multiplication, dans la ville de Kananga, d’individus se présentant comme chefs coutumiers sans l’aval de leurs familles régnantes.
Intervenant mercredi 25 février dans un entretien accordé à Infos27.cd, le chef de division provinciale des Affaires coutumières, Gaston Kalala Ntabala, a tiré la sonnette d’alarme face à une situation qu’il juge préoccupante pour l’équilibre institutionnel et l’ordre traditionnel.
Il déplore que certaines personnes s’arrogent des prérogatives d’autorités coutumières sans en détenir la légitimité, alimentant ainsi des conflits de compétence et une confusion au sein des communautés locales.
« Plusieurs représentants qui se déclarent chefs coutumiers en ville ne sont pas reconnus par leurs familles régnantes », a-t-il martelé, plaidant pour la sauvegarde de l’authenticité et de la légitimité des institutions traditionnelles.
Face à cette dérive, il exhorte les services de sécurité à faire respecter strictement les textes en vigueur, notamment une correspondance de l’ancien ministre de l’Intérieur, Alain Lukusa Mpoyi, qui encadre la circulation des autorités traditionnelles à Kananga en dehors des cadres réglementaires.
Cette mesure visait à réguler la présence des chefs coutumiers en milieu urbain afin de prévenir les conflits d’autorité et les cas d’usurpation de titres.
Dans une province où la chefferie traditionnelle demeure un pilier de la cohésion sociale et de la gestion foncière, ces divisions internes pourraient fragiliser l’autorité coutumière et compromettre les mécanismes locaux de règlement des différends, redoutent plusieurs observateurs.
Stony Mulumba, correspondant à Kananga

