Le temps des diagnostics touche à sa fin. À Kinshasa, la clôture de la première édition des Conférences annuelles du service public (CASP) marque une inflexion assumée de l’action gouvernementale : transformer les recommandations en résultats concrets. Devant les cadres de l’administration, les partenaires techniques, la société civile et le secteur privé, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a posé un cap clair : moderniser l’État congolais par la compétence, l’intégrité et la digitalisation, conformément au Programme d’action du Gouvernement 2024-2028. Annonçant la création d’un Fonds dédié à l’innovation administrative, la cheffe du Gouvernement a insisté sur la responsabilité collective et la redevabilité envers les citoyens. Plus qu’un rendez-vous institutionnel, les CASP 2025 se veulent désormais un point de bascule : celui d’un service public appelé à se mesurer, non plus à ses intentions, mais à sa capacité à produire des effets visibles dans la vie quotidienne des Congolais.
C’est au Centre culturel et artistique pour les pays d’Afrique centrale (CCAPAC) que la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a clôturé, mercredi 17 décembre, la première édition des Conférences annuelles du service public (CASP), organisées au nom du président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Ces assises s’inscrivent dans le pilier V du Programme d’action du Gouvernement (PAG) 2024-2028, consacré à la modernisation, à l’innovation et à la performance des services publics.
Pendant deux jours, administrations centrales et provinciales, experts, partenaires techniques, représentants du secteur privé et de la société civile ont été réunis autour d’un même objectif : améliorer concrètement la qualité du service rendu à l’usager. Le thème retenu — « Bâtir des services publics de progrès fondés sur la compétence, l’intégrité et la digitalisation » — a donné le ton d’un débat résolument tourné vers l’opérationnalité.
Faire de la réforme administrative un cadre structurant
Dans son rapport final, le secrétariat technique des CASP a fait état de recommandations jugées « structurantes », parmi lesquelles figure l’inscription formelle de la réforme administrative dans un cadre national assorti d’objectifs chiffrés et d’indicateurs de performance. Une orientation qui vise à rompre avec les réformes fragmentées et à inscrire l’action publique dans une logique de résultats mesurables.
Le vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a salué ce qu’il a qualifié de tournant pour l’administration congolaise. « La première édition des conférences annuelles du service public restera comme le point de départ d’un renouveau assumé, méthodique et résolument tourné vers un avenir prometteur », a-t-il déclaré, soulignant l’alignement de cette dynamique avec la politique gouvernementale de promotion de l’innovation.
Une réforme assumée comme exigence politique
Clôturant les travaux, Judith Suminwa Tuluka a voulu dissiper toute ambiguïté sur la portée des CASP. « La réforme de l’administration publique en cours n’est pas une déclaration d’intention », a-t-elle affirmé, promettant des « résultats concrets, perceptibles et mesurables ». La Première ministre a insisté sur la nécessité de replacer « la qualité du service rendu à l’usager, la performance collective et la responsabilité envers la nation » au cœur de l’action administrative.
Un message à la fois managérial et politique, dans un contexte où l’État est régulièrement interpellé sur son efficacité et sa capacité à répondre aux attentes sociales.
Le financement, nerf de la modernisation
La cheffe du Gouvernement a également annoncé la création d’un Fonds pour l’innovation et la modernisation de l’administration publique, destiné à soutenir des projets pilotes porteurs de solutions innovantes et directement bénéfiques aux citoyens. « Le Gouvernement est conscient que la réussite de toute réforme repose sur l’alignement des moyens financiers nécessaires à son implémentation », a-t-elle souligné.
Ce mécanisme sera placé sous la coordination du vice-Premier ministre de la Fonction publique, en collaboration avec le vice-Premier ministre du Budget et le ministre des Finances, afin d’en garantir la transparence, l’efficacité et l’impact réel sur la qualité du service public.
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