Le fossé se creuse au sein de l’Alliance des forces démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A). Dans une déclaration rendue publique le 9 mars, les sénateurs membres de ce regroupement politique ont pris leurs distances avec la récente prise de position de Modeste Bahati Lukwebo sur le débat constitutionnel. Le deuxième vice-président du Sénat, qui avait affirmé que le mandat du président Félix Tshisekedi s’achèverait en 2028, n’aurait ni consulté ni obtenu l’aval de sa famille politique. Les élus du groupe dénoncent une position « personnelle » et l’invitent à « tirer les conséquences politiques qui s’imposent ». Dans un contexte de tensions autour de la révision de la Constitution, la crise interne pourrait fragiliser davantage la position du responsable politique.
La fracture politique s’accentue autour de Modeste Bahati Lukwebo au sein de sa propre famille politique. Les sénateurs membres du groupe Alliance des forces démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) ont officiellement pris leurs distances avec la récente prise de position du deuxième vice-président du Sénat sur le débat constitutionnel en République démocratique du Congo.
Dans une déclaration rendue publique lundi 9 mars, ces élus affirment que la sortie médiatique de Bahati Lukwebo n’a jamais été discutée ni validée au sein du groupe politique auquel il appartient. Ils estiment que cette position relève d’une initiative strictement personnelle.
« La récente sortie médiatique de l’honorable Modeste Bahati Lukwebo n’a jamais fait l’objet d’une discussion ni d’une validation préalable au sein de notre groupe politique », précisent les sénateurs de l’AFDC-A dans leur déclaration.
En conséquence, les élus du regroupement se désolidarisent publiquement de cette prise de position et invitent le deuxième vice-président du Sénat à assumer les implications politiques de son choix.
« Nous considérons que cette prise de position a été exprimée à titre personnel. Nous l’invitons, par conséquent, à tirer les conséquences politiques qui s’imposent », souligne le document signé par les membres du groupe.
Au cœur de cette controverse se trouve le débat relancé sur l’avenir de la Constitution congolaise. Alors que plusieurs acteurs de l’Union sacrée de la nation évoquent la possibilité d’une révision ou d’un changement du texte constitutionnel, Modeste Bahati Lukwebo avait adopté une position plus réservée.
Interrogé sur l’idée selon laquelle le président Félix Tshisekedi exercerait une « mission » plutôt que des mandats à la tête du pays, le deuxième vice-président du Sénat avait rappelé son attachement à une lecture stricte du cadre constitutionnel.
Selon lui, le chef de l’État reste un président élu disposant d’un mandat constitutionnel qui arrive à son terme en 2028, avant toute autre perspective institutionnelle.
Cette position n’a manifestement pas été bien accueillie au sein de sa formation politique, alignée sur la dynamique de l’Union sacrée de la nation autour de la vision politique du président de la République.
Dans leur déclaration, les sénateurs AFDC-A réaffirment ainsi leur soutien aux orientations politiques portées par le chef de l’État.
« Nous réaffirmons notre soutien indéfectible à la vision et aux réformes engagées par Son Excellence Félix Tshisekedi Tshilombo, président de la République », déclarent-ils.
Le groupe salue également les avancées diplomatiques enregistrées par la République démocratique du Congo, notamment dans les processus de paix et les accords internationaux en cours.
« Nous adressons nos vives félicitations au chef de l’État pour les succès diplomatiques enregistrés par la République démocratique du Congo, notamment les avancées dans les processus de paix ainsi que les accords de Washington dont le projet de loi portant ratification sera bientôt adopté au Parlement », indique encore la déclaration.
Les sénateurs réaffirment par ailleurs leur attachement à l’unité nationale, à la paix durable et à la défense des intérêts supérieurs de la République démocratique du Congo.
Cette crise politique intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement préoccupant dans l’Est du pays, où les forces gouvernementales affrontent la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda.
Dans ce climat tendu, la question constitutionnelle continue d’alimenter le débat politique national, notamment depuis la célébration du 20ᵉ anniversaire de la Constitution congolaise le 18 février dernier.
Mais pour Modeste Bahati Lukwebo, les turbulences pourraient prendre une dimension plus immédiate. Au Sénat, une pétition a été initiée pour réclamer sa déchéance du poste de deuxième vice-président de la chambre haute.
Selon le sénateur Dany Kabongo, élu de Lubumbashi et initiateur de cette démarche, la mobilisation progresse rapidement.
« À ce stade, 37 signatures ont déjà été recueillies », a-t-il indiqué au média Actualite.cd.
Alors que la rentrée parlementaire est prévue pour le 15 mars, cette initiative pourrait rapidement transformer la session de mars en une séquence politique particulièrement agitée au Sénat, où l’avenir institutionnel du deuxième vice-président apparaît désormais plus incertain que jamais.
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