Dans la nuit du 16 au 17 mars, le village de Babesua, situé au cœur de la Réserve de Faune à Okapis, a été attaqué par des rebelles ADF. Des dizaines de civils ont perdu la vie, et près de 90 % des habitations ont été incendiées. Les habitants ont fui vers des zones voisines ou se sont réfugiés dans la brousse. Les forces armées congolaises sont intervenues pour sécuriser la zone, mais la peur demeure dans la région de Mambasa.
Le village de Babesua, situé dans le groupement Bafwabete, au cœur de la Réserve de Faune à Okapis (RFO), a été la cible d’une attaque violente dans la nuit du 16 au 17 mars, attribuée aux rebelles ADF. Selon des informations recueillies sur place et par des organisations locales, près de 90 % des habitations ont été réduites en cendres, et une dizaine de civils ont été tués, soit par balles, soit à l’arme blanche, ou encore brûlés vifs dans leurs maisons. Un camion a également été détruit. Le village est désormais déserté, ses habitants s’étant réfugiés soit à Mambasa centre et Bandisende, soit dans la brousse.
Un témoin, contacté par téléphone, a rapporté avoir passé la nuit caché en forêt, et avoir découvert, au matin, des corps sans vie gisant dans les décombres des maisons calcinées.
La direction de la réserve a confirmé l’arrivée de renforts des Forces Armées de la RDC (FARDC), déployées pour tenter de maîtriser la situation et sécuriser la zone. La circulation sur la RN4 a repris progressivement mardi, mais un climat de peur demeure parmi les usagers.
Cette attaque survient dans un contexte de dégradation sécuritaire dans le territoire de Mambasa, où six des sept chefferies sont désormais affectées par l’activisme des ADF. Me Jospin Paluku Mbowa, porte-parole de la société civile locale, a exprimé de vives préoccupations concernant la sécurité et a appelé les autorités provinciales et nationales à intensifier les opérations militaires et de renseignement.
Les défenseurs de l’environnement s’inquiètent particulièrement de la présence des ADF dans la RFO, craignant une alliance entre les rebelles et les braconniers. Cela mettrait en péril la faune protégée de la réserve et favoriserait l’exploitation illégale des minerais dans cette zone classée.
Justin Mupanya, correspondant au Nord-Kivu

